Actualité Billet d'humeur UMP

L’unité mise à mal

Ubuesque, navrant, affligeant, honteux, consternant… Les qualificatifs pleuvent et font l’effet d’une douche froide. De la cacophonie qui règne depuis hier, du pitoyable règlement de comptes auquel se livrent nos dirigeants, de la soirée surréaliste à laquelle nous avons assisté ce dimanche, se dégage surtout pour la plupart des militants UMP un immense sentiment de gâchis. L’UMP s’est réveillée ce matin avec la gueule de bois.

Ce réveil est d’autant plus dur que ces sentiments succèdent à une extraordinaire fierté, celle qui fut la nôtre hier jusqu’à 18 heures. Fierté d’avoir assisté à ce grand moment de mobilisation militante. Fierté d’avoir su organiser un vote démocratique en interne, quand d’autres partis se contentent ou auraient procédé à une nomination ou à une succession. Fierté d’avoir vu se mobiliser quelque 180 000 adhérents, qui ont sacrifié de leur temps un dimanche pour se rendre dans les bureaux de vote ouverts dans les fédérations et à qui on n’a pas, je trouve, assez rendu hommage. Je salue dans le même temps les militants qui ont pris part sur le terrain à cette campagne interne, quel que fut leur camp, et ceux qui ont tenu nos bureaux de vote toute la journée. A voir les files d’attentes qui se prolongeaient dans certaines fédérations sur les trottoirs et avec un taux de participation de 55%, force est d’admettre que cette élection a intéressé les adhérents et, à observer les commentaires dans les médias, qu’elle a intéressé au-delà un grand nombre de citoyens. On a tendance à l’occulter, mais 180 000 votants, c’est 10 000 de plus que le nombre d’adhérents au parti socialiste ! Alors si ceci ne constitue pas, en soi, une victoire…

Pour autant… L’aigreur, l’inquiétude et la déception ont malheureusement pris le pas sur la fierté. Car finalement, quelle qu’en soit l’issue, ce scrutin demeurera, dans la mémoire collective, entaché de suspicion. Notre parti en sort déstabilisé de cette tragi-comédie, notre crédibilité éprouvée, autant en interne que face à la gauche et vis-à-vis de nos « partenaires » dont les propos de certains, caracolant dans les médias, m’apparaissent tout à fait déplacés et augurent mal de nos rapports dans les années à venir. Enfin, notre unité est mise à mal.

Evidemment, pour connaître l’homme, pour l’avoir soutenu dans le cadre de cette campagne, je ne peux cacher combien j’espère que François Fillon sortira vainqueur de ce scrutin. Sachons cependant raison garder et faire preuve tout à la fois d’humilité et de discrétion en attendant que la commission de contrôle des opérations électorales (Cocoe) fasse son travail et rende son verdict.

Surtout, sachons préparer demain. Quel qu’il soit, j’ose en effet espérer que nous saurons serrer à nouveau les rangs et nous rassembler une fois le résultat validé. C’est même impératif si nous voulons constituer une opposition « pugnace et intelligente », comme l’a si sagement rappelé ce matin Alain Juppé, si nous voulons incarner une alternative crédible face à la gauche d’ici 2014 et 2017. Ainsi donc, le gagnant devra composer avec celui qui n’aura pas gagné, comme avec l’ensemble des mouvements représentés par les motions. Je ne vous cacherai pas qu’en cela, je m’interroge sur les modalités de gouvernance future de notre parti…

En outre, derrière ces résultats pointe un autre risque : en plus d’être coupé en deux, que notre parti se coupe des Français et de leurs préoccupations. Car au-delà des conflits de personnes, prévisibles en pareilles circonstances, ce sont bien deux lignes politiques différentes qui se sont affrontées au cours de cette campagne. Et il se trouve que le décalage entre les sondages (selon lesquels François Fillon devançait de 20 à 30 points Jean-François Copé) et le résultat serré d’hier, également marqué par le bon score de la motion « la Droite forte », montre à quel point nos adhérents se positionnement plus à droite que la majorité des électeurs de droite eux-mêmes. Voilà qui ne devrait pas être simple à gérer et nécessitera, de ma part, encore plus d’investissement pour défendre les valeurs humanistes et sociales au coeur de notre famille.

  • Michèle Pâris
    26 novembre 2012 at 10 h 24 min

    Effectivement plus que navrant ! Beaucoup se réveillent sonnés ! Comment donner aux citoyens de la base les réponses et les moyens pour qu’ils puissent croire encore à une droite politique… (et pas seulement de droite d’ailleurs) ?.

  • Brigitte Vermillet
    26 novembre 2012 at 10 h 50 min

    et si Nicolas Sarkozy n’arrive pas non plus à mettre de l’ordre…
    il nous reste le Père Noël …

  • Martial LEMAIRE
    26 novembre 2012 at 14 h 51 min

    Alain Juppé a jeté l’éponge…. Au regard de l’affrontement entre deux dirigeants UMP, qui ont par ailleurs tous les deux de grandes qualités qu’ils ont mis au service de l’Etat durant plusieurs années, que va-t-il en être des militants qui ont mouillé la chemise pendant plusieurs mois ? En plus de la déception d’un soir, à tous les jours son épisode…… A quand la grande débandade des adhérents? Des militants?
    Stéphane, espérons que tes propos puissent être lus.