Actualité Billet d'humeur UMP

Une victoire à la Pyrrhus

Jean-Louis Costes (UMP) et Etienne Bousquet-Cassagne (FN). PHOTO/AFP

Le candidat UMP Jean-Louis Costes a remporté l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot avec 53,76 % des voix contre le candidat du Front National qui a totalisé 46,24 %. Toutefois, ce score ne saurait occulter la forte progression du FN dans l’opinion et le risque d’une prochaine vague de fond frontiste lors des prochaines échéances électorales n’est désormais plus à écarter.

Si je salue la victoire du candidat de ma famille politique, qui a ainsi empêché le FN d’obtenir un 3ème siège à l’Assemblée nationale, je ne peux m’en satisfaire complètement. Car au-delà du score, cette élection constitue à mes yeux un énième avertissement sérieux pour toute la classe politique de notre pays et appelle quelques enseignements.

Premiers enseignement, ce scrutin, qui a vu l’élimination dès le premier tour du candidat socialiste, avec 23,69 % des suffrages exprimés, consacre la débâcle du pouvoir socialiste sur des terres traditionnellement acquises à sa cause. Elle trouve certes ses origines dans le climat délétère qui a suivi l’affaire Cahuzac, mais également  dans l’échec de la politique menée depuis plus d’un an par le gouvernement de François Hollande qui malgré de beaux discours et de belles promesses ne semble pas encore avoir pris la mesure de la crise que nous traversons et des réformes à mettre en œuvre pour redresser notre pays.
Résultat, l’électorat de gauche, sinon écœuré du moins extrêmement déçu, a boudé majoritairement les isoloirs lors du 1er tour comme en témoigne le taux élevée d’abstention qui a dépassé 54 %.
Ce scrutin aura également montré le rejet grandissant des électeurs pour les partis traditionnels de gouvernement. Si on regarde en effet avec attention l’évolution du nombre de voix entre 2012 et 2013 lors du 1er tour, les candidats PS et UMP ont perdu respectivement 14794 et 3575 voix.

Deuxième enseignement, cette élection entérine la banalisation de l’ascension du FN. Son jeune candidat, inconnu il y a encore 2 mois, a été le seul à progresser au premier tour par rapport à 2012 (+ 956 voix) et a réalisé un score spectaculaire au second en progressant de 7000 voix ! Une évidence s’impose, le FN est actuellement le seul parti qui engrange, jour après jour, les bénéfices de la crise économique, sociale et morale qui agite notre pays. Absent de tout pouvoir décisionnel et pouvant ainsi tout promettre sans n’avoir rien à prouver au quotidien, il offre aux électeurs désabusés, le pouvoir de sanctionner l’échec de nos politiques successives et l’illusion qu’il est devenu le seul parti à pouvoir redresser la France.

Troisième et dernier enseignement, le front républicain est à l’agonie et n’est plus le rempart qu’il pouvait être il y a encore quelques années contre l’extrême droite. Le temps où, lors de l’élection présidentielle de 2002, 82,21 % des électeurs avaient élu Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen et ses dérives antisémites est désormais bel et bien révolu ! Les électeurs de gauche rechignent en effet de plus en plus à obéir aux injonctions des états-majors parisiens du PS ou du FDG, considérant que les dérives « droitières » depuis plusieurs mois de certains responsables de l’UMP rendent désormais inenvisageable le report de leurs voix sur un candidat de notre parti. Hier soir, l’analyse des reports de voix, du taux de participation et du faible écart entre les deux candidats, montre que les électeurs de gauche ont préféré, pour une grande partie, le vote blanc ou nul (15 % des bulletins), voire carrément le vote frontiste pour marquer leur désapprobation à ce « cordon sanitaire » qui, à leurs yeux, n’a plus de sens !

Il est donc plus qu’urgent de retrouver nos valeurs républicaines et progressistes, d’assumer notre identité et de clarifier notre position vis-à-vis du Front National. Il nous faut également retrouver rapidement la confiance des citoyens en proposant, sans populisme ni démagogie, une alternative crédible et courageuse aux chimères socialistes si nous voulons éviter que cette victoire à la Pyrrhus ne se transforme prochainement en Bérézina !

  • gentelet
    24 juin 2013 at 22 h 00 min

    il faudra peut etre nous precisernoir sur blanc les fameuses valeurs republicaines et progressistes nous pourrons alors comparer ssde quelles valeurs de nos opposants elles sont les plus proches et elles permettront alors de voir de quels cotes les valeurs de l’ump sont les plus proches