Actualité Billet d'humeur

Une de Minute : je condamne sans réserve !

« La bêtise insiste toujours » écrivait Camus dans La Peste. Le racisme également pourrait-on affirmer au vu de la dernière couverture odieuse de Minute ce mardi.
En effet, après avoir été comparée à un singe par une candidate frontiste sur les réseaux sociaux et traitée de « guenon » par des enfants lors d’une manifestation contre le mariage pour tous, la ministre de la Justice est une nouvelle fois la cible privilégiée d’un racisme décomplexé.

L’indignation justifiée que suscite la une de ce journal, pour autant que l’on puisse le désigner ainsi, doit amener les Républicains de tous bords à exprimer clairement leur aversion à l’encontre de celles et ceux qui se roulent désormais, sans la moindre retenue, dans la fosse à purin d’un racisme pur et dur. Ce racisme de peau, que nous pensions disparu avec les périodes sombres de notre histoire, resurgit désormais comme un abcès purulent. Arrêtons d’ailleurs de nous mentir à nous-mêmes. Le racisme, quelle que soit sa forme, est un mal récurrent qui n’est malheureusement pas nouveau. Même s’il recule parfois, à force de dénonciations, de combats et de pédagogie, il demeure tapi dans l’ombre prêt à bondir sur ses proies en se nourrissant notamment de la peur de l’autre, des craintes en l’avenir, des tourments et des crises qui surviennent. Il n’est pas non plus, n’en déplaise à certains, une exception française. Aucune civilisation n’y échappe et il s’exprime à la fois de façon inter et intracommunautaire comme le montrent les tragédies vécues dans certaines régions du globe !

Pour autant, ces éléments ne sauraient justifier une pusillanimité coupable. Le racisme, sous toutes ses formes, souille non seulement les valeurs universelles de notre pacte républicain, mais il contribue également au glissement insidieux de notre pays vers un obscurantisme mortifère ! Car je tiens à le rappeler, il ne saurait être en effet question ici d’opinion ou d’une quelconque liberté d’expression. Le racisme n’en n’est pas une ; c’est un délit justement réprimé par notre Code pénal !

Bien que n’éprouvant aucune sympathie particulière pour la ministre de la Justice et ne manquant d’ailleurs pas de critiquer régulièrement ses prises de position, il demeure insupportable, pour le républicain que je suis, de voir cette femme confrontée à un tel déferlement d’insultes abjectes et racistes de la part de celles et ceux qui n’ont pour seuls arguments que ses origines ou la couleur de sa peau pour la combattre politiquement ! Je le répète : rien ne pourra jamais justifier, dans notre République,  l’ignominie que constitue le rejet, voire la haine de l’autre !

Aussi, tout en condamnant fermement ces attaques répugnantes qui tendent à empoisonner lentement notre société, j’invite chacun d’entre nous, toutes sensibilités confondues, à réfléchir également pleinement sur l’attitude outrancière de certains hommes politiques, mais aussi sur les titres parfois simplistes et racoleurs de journaux et magazines comme par exemple Libération dont j’ai à plusieurs reprises dénoncé les excès.

Cependant, il ne suffit pas de s’indigner de cette dérive inquiétante. Nous devons également la combattre fermement. D’abord, en apportant une réponse judiciaire quand des propos, des écrits ou des actes outrepassent les limites fixées par la loi. Ensuite et surtout, en réhabilitant la parole politique à travers davantage de clarté et de responsabilité !

Si le débat démocratique nous impose de ne faire l’impasse sur aucun sujet, et notamment  sur l’immigration et la capacité d’intégration de notre pays, il convient néanmoins de cesser d’en faire une fixation fantasmatique et d’être particulièrement vigilant sur les termes utilisés lorsqu’on les aborde.

À ce propos, quelques-uns de mes « amis » politiques seraient bien inspirés de se remémorer les propos de Jacques Chirac qui déclarait en mars 2007 : « Ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre ». Aussi, plutôt que de courir à tout prix derrière les thèses nauséabondes de l’extrême droite avec l’objectif d’en tirer un avantage, toujours aléatoire au demeurant, sur le plan électoral, il serait bien plus préférable qu’ils assument les valeurs républicaines de notre famille politique et s’engagent résolument vers l’avenir avec des positions progressistes, humanistes et réalistes qui prennent en compte les attentes des Français !

C’est ce à quoi je m’efforce moi-même, modestement à Courcouronnes depuis plus de dix ans, afin de préserver et de développer le vivre ensemble dans une commune riche de la pluralité d’origines de ses habitants.