Actualité Courcouronnes

Signature du Contrat Local de Santé entre Courcouronnes et Évry

Signature-du-CLSCe matin, le Contrat Local de Santé intercommunal entre Courcouronnes et Évry a été signé, par Francis Chouat, Maire d’Evry, Abdel Machri, mon adjoint chargé des Affaires sociales, de la Santé, du Handicap, du Logement et des Seniors, et Claude Evin, directeur général de l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France.

Considérée comme un indicateur global majeur de développement d’une ville ou d’un territoire, la santé demeure une des premières préoccupation des Français. Si elle ne relève pas des compétences communales, elle constitue une thématique dont les villes ont dû néanmoins se saisir afin de répondre aux besoins toujours plus nombreux de leurs habitants.

Attentive aux attentes de sa population, Courcouronnes a depuis de nombreuse années fait le choix de s’investir dans une politique locale active de santé publique, afin de lutter, notamment contre les inégalités sociales et territoriales de santé et développer l’accès pour tous à la prévention et aux soins.

Dans le cadre des Contrats urbains de cohésion sociale (Cucs), un Atelier Santé Ville (ASV) a d’abord ainsi été crée dès 2007. Puis, afin de développer des actions de coordination, de développement de réseaux et d’actions de prévention en cohérence avec les orientations nationales et régionales de santé publique, nous avons élaboré en 2008 un Plan Local de Santé Publique (PLSP). En outre, la Ville a décidé de favoriser l’implantation de professionnels de santé en créant une Maison Pluridisciplinaire de Santé qui ouvrira ses portes fin 2016.

À travers les diagnostics territoriaux de santé réalisés à Courcouronnes et Évry, il est apparu qu’elles rencontraient des problématiques de santé communes et qu’il devenait pertinent de bâtir une coopération sanitaire intercommunale.
Outre une sous-médicalisation du territoire (0,57 médecins généralistes / 1000 habitants alors que les moyennes nationale et régionale sont respectivement de 0,99 et 0,87), nos deux villes se caractérisent en effet par une population très jeune avec un taux important de familles monoparentales. Il existe, notamment dans certains quartiers populaires, une forte précarité, avec des familles à bas revenus bénéficiaires du RSA et de la CMUC, et un fort taux de chômage. L’espérance de vie y est inférieure aux moyennes départementale et régionale. Nos habitants connaissent des problématiques de santé similaires (surpoids, obésité, hygiène bucco-dentaire,…), rencontrent des difficultés d’accès aux soins, voire y renoncent, et méconnaissent les dispositifs existants.

C’est face à ce constat qu’ un projet de santé intercommunal Évry/Courcouronnes a été construit en 2013 puis que ce CLS a été signé. S’étalant sur 3 ans, il vise à garantir une offre globale et un parcours de santé cohérents, de la prévention aux soins, et s’articulera autour de 4 axes stratégiques :

  • assurer un suivi à travers une observation locale,
  • développer l’offre de soins, la coopération sur les prises en charge et l’accès aux soins,
  • consolider et développer la prévention et la promotion de la santé,
  • bâtir une approche globale et coordonnée de la santé mentale.

Si je salue évidemment cette initiative intercommunale qui porte la marque exemplaire de notre capacité à travailler ensemble et à mutualiser efficacement nos actions locales, je regrette par contre la schizophrénie de l’État qui ne cesse de solliciter les collectivités territoriales pour les prises en charge de ce type sur le terrain tout en diminuant drastiquement leurs moyens financiers à travers la réduction massive de la Dotation Globale de Fonctionnement… Parmi de nombreux autres sujets, j’aborderai d’ailleurs cette problématique avec le président de la République lors d’un déjeuner de travail auquel je suis convié avec d’autres élus aujourd’hui à l’Élysée.

À l’heure où nous devons relever nombre de défis imposés par les tragédies que nous avons vécues au début du mois, permettez-moi en tout cas d’être fier de ce formidable outil de coordination et de lutte contre les inégalités en matière de santé, et d’espérer que d’autres initiatives de ce genre puissent voir le jour. Car j’en suis convaincu : c’est aussi de cette façon que nous lutterons efficacement contre l’exclusion et que nous préviendrons, dans nos quartiers, certaines dérives obscurantistes !