Actualité Courcouronnes

Rythmes de l’enfant

Questionnaire rythmes de l’enfantPar décret du 26 janvier, le Ministère de l’Education Nationale a décidé de mettre en place la semaine de 4 jours et demi. Permettez-moi de préciser avant toute chose que je considère pour ma part cette réforme comme fondamentale et qu’elle constitue à mes yeux une réelle opportunité à saisir pour améliorer les rythmes des enfants. D’ailleurs vous entendrez peu parler à Courcouronnes, dans la bouche des élus comme des agents municipaux, des « rythmes scolaires », mais surtout des « rythmes de l’enfant »…

Pour autant, cette réforme pose de nombreuses questions quant à ses modalités d’application et les délais dans lesquels elle nous est imposée.
Car si la mise en place des nouveaux rythmes revient à l’Education Nationale, il revient aux collectivités locales d’accompagner la réforme en décidant des activités périscolaires qui devront être proposées autour des temps d’enseignement, et de décider si la demi-journée d’enseignement supplémentaire devra avoir lieu le mercredi ou le samedi matin, selon ses orientations, ses contraintes d’organisation et le contexte local. De même, la date d’application, à savoir à la rentrée 2013 ou 2014, est laissée à la libre appréciation des collectivités.

Quelle qu’en soit la date de mise en œuvre locale, la réforme devra respecter les principes suivants :

  • une semaine de 24 heures de cours non plus réparties sur 4 jours comme actuellement, mais sur 4 jours et demi, incluant 3h30 maximum le mercredi matin ou le samedi matin,
  • des activités périscolaires supplémentaires (3/4 d’heure chaque jour sauf le mercredi) seront prises en charge par les communes de façon à maintenir les horaires d’entrée-sortie actuels et à faire la liaison avec les activités d’accueil actuellement proposées (études puis accueil post-scolaire de fin de journée par exemple),
  • la journée de cours ne pourra pas excéder 5h30,
  • la pause du midi ne pourra être inférieure à 1h30.

Cette réorganisation aura donc un impact à la fois sur la vie des enfants, mais aussi sur celle de leurs familles qui devront aménager leurs emplois du temps afin de tenir compte des nouveaux horaires scolaires, des enseignants dont les heures de cours devront désormais s’échelonner sur 4 jours et demi par semaine, des personnels communaux travaillant dans les écoles (ATSEM, personnels d’entretien et de restauration, animateurs…), ainsi que sur le monde associatif dont les activités étaient proposées hors du temps scolaire…

Elle aura en outre un impact budgétaire non négligeable, dans la mesure où les associations représentatives des collectivités territoriales ont évalué le coût de la réforme des rythmes de l’enfant à 150 euros par an et par élève.
A Courcouronnes, sur l’année scolaire 2012/2013, il y a 1782 élèves inscrits dans les écoles maternelles et élémentaires. Cette réforme va donc potentiellement coûter jusqu’à 267 300 euros par an au budget de notre commune. Or l’aide prévue par l’Etat (50 euros par élève la première année seulement) rapporterait seulement 89 100 euros à notre commune, avec de surcroît l’obligation de mettre en place la réforme en septembre prochain pour pouvoir la toucher en 2013, et seulement en 2013, alors que la dépense supplémentaire engendrée par cette décision gouvernementale sera, elle, définitive pour les années à venir…
Par ailleurs, en cas de mise en œuvre en 2014, l’Etat n’a prévu aucune aide.
Dans tous les cas, l’aide de l’Etat est soit insuffisante, soit inexistante. La problématique du financement de cette réforme est donc cruciale dans le contexte économique et financier extrêmement difficile que subissent les collectivités locales depuis déjà plusieurs années.
A Courcouronnes, le schéma d’organisation de la nouvelle semaine scolaire et le choix de l’année de mise en place vont donc nécessairement devoir tenir compte de la contrainte financière, sans pour autant actionner le levier fiscal d’ici la fin du mandat comme nous nous y étions engagés envers les Courcouronnais. Reste à déterminer si les familles seront ou non elles-mêmes impactées par le biais d’une facturation supplémentaire, soumise au quotient familial.

Fidèle à notre mode de gouvernance participatif, mes collègues, au premier rang desquels Corinne Bourgeois, maire-adjointe chargée de la Politique éducative, et moi-même avons décidé d’engager une réflexion pour construire, avec l’ensemble des familles, de la communauté éducative et de ses partenaires, un projet éducatif partagé.
A ce titre, nous adressons aujourd’hui à chacune des familles ayant un enfant scolarisé à Courcouronnes un questionnaire afin de recueillir son avis et ses attentes.

L’objectif poursuivi, et les critères qui guideront notre choix quant aux modalités de mise en œuvre de la réforme à Courcouronnes, sont triple :

  • garantir avant tout le bien-être des enfants,
  • prendre en compte les attentes de chacun et faciliter la vie quotidienne des familles,
  • garantir des services à la population de qualité et rester fidèles à l’ambition portée par la Ville depuis de nombreuses années en matière d’éducation et d’accompagnement éducatif.

Après les vacances scolaires, nous publierons dans l’Hebdo une synthèse des résultats de ce questionnaire et j’engagerai, dès le 22 mars, la concertation avec les représentants locaux de l’éducation nationale puis, le 26 mars avec les représentants élus de parents d’élèves, avant d’inscrire à l’ordre du jour du Conseil Municipal du 28 mars un débat sur la mise en œuvre à Courcouronnes de cette réforme.

En découlera un projet d’organisation du temps scolaire que nous soumettrons au Directeur Académique des Services de l’Education Nationale, ce dernier étant le seul habilité à arrêter définitivement les conditions de mise en œuvre de la réforme sur le territoire communal.

  • jacqolli
    1 mars 2013 at 18 h 29 min

    et l’avis du contribuable « lambda » dans votre sondage ?

  • Beaudet
    3 mars 2013 at 7 h 14 min

    Ben quand je mets en place un projet pour nos aînés je ne demande l’avis que de nos aînés. C’est toujours ainsi, notamment sur des sujets si compliqué. Et vous le savez bien.