Actualité Courcouronnes

Rénovation urbaine du Canal : 65 % des habitants apprécient leur quartier !

S’inscrivant dans le cadre de la convention signée en 2009 par la Ville et ses partenaires, au premier rang desquels l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), le Projet de Rénovation Urbaine (PRU) du quartier du Canal a fait l’objet entre octobre et  décembre 2013 d’une enquête de satisfaction auprès des habitants. Elle visait à apprécier l’impact de cette opération de rénovation urbaine sur le quotidien des habitants et des usagers du quartier Ses conclusions ont été exposées à la population lors d’une réunion publique le 15 mai dernier.

Confiée au Bureau d’Etudes et de Recherche Sociologique (BERS) en association avec le Cabinet ACT Consultants, elle s’est appuyée sur trois méthodes de collecte de l’information : l’observation d’espaces publics ou d’équipements ayant fait l’objet d’aménagements avec 255 questionnaires ; une enquête auprès d’un échantillon représentatif de 206 habitants à travers des entretiens téléphoniques et en face à face ; et 8 tables rondes avec des usagers du quartier et des équipements.

Pour rappel, la population du Canal présente un ensemble de caractéristiques sociales qui la différencie socialement du reste de Courcouronnes. Pour ne prendre que quelques données caractéristiques, en représentant les 2/3 de la commune, le quartier du Canal accueille ainsi : 83 % des 0-2 ans de la commune, les 75 % des 18-24 ans et seulement 29 % des 60 ans et plus ; 80 % des familles nombreuses et près de 2/3 des familles monoparentales ; 91 % de la population étrangère ; 74 % des non-diplômés ; 89 % des actifs à temps partiel de la commune et 86 % des allocataires de la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) dont le revenu est constitué à plus de 50 % par les allocations de la CAF…
En outre, la mixité de ses logements (sociaux, en accession sociale et privée, et du locatif privé) présente une physionomie différente selon les secteurs. Ainsi, le Canal 3 possède la mixité la plus importante, contrairement au Canal 2 où les logements sociaux locatifs représentent 78 % des logements.

Avant de rentrer en détail dans ce rapport, je tiens en premier lieu à remercier sincèrement celles et ceux qui ont pris le temps de participer à cette enquête dont les résultats, avec notamment 65 % d’habitants qui apprécient leur quartier, demeurent assez largement positifs et encourageants dans la perspective de la poursuite de ces opérations de rénovation urbaine.

En effet,  le PRU a tout d’abord permis une évolution positive des habitudes de la population liées aux équipements et aménagements des espaces publics.
D’une part, la création du Pôle enfance du Bois de mon Cœur, dans sa fonction de regroupement, est majoritairement approuvée par près des deux tiers des habitants qui y voient un impact très positif sur les pratiques éducatives et pour les usagers. Quant à l’espace jeunesse Michel Colucci, s’il n’a pas encore attiré des jeunes de l’ensemble du quartier, il gagne en intensité avec le temps et sa reconstruction à proximité de l’école Paul Gauguin est néanmoins approuvée à près de 60 % par les habitants Canal 1 et plus de 40 % par ceux du Canal 2.
D’autre part, les réaménagements des mails Marché Guesdon et René Clair, de la place de l’Orme à Martin, de l’Allée Jeff et de la place des Copains d’Abord sont très largement appréciés et ont entrainé un renforcement de leur fréquentation. Pour autant, des efforts restent à faire principalement sur la place des Copains d’Abord dont l’ambiance n’est appréciée qu’une fois sur deux et qui, tout en restant à un niveau de satisfaction élevé,  est considérée comme moins fonctionnelle, moins propre et surtout moins respectée par ceux qui la fréquentent. Victime de son succès, le mail Marché Guesdon demandera nécessitera d’engager une réflexion afin de réguler la densité des activités qui s’y déroulent, notamment durant la période estivale, afin de limiter la gène susceptible d’être occasionnée pour les riverains.
Enfin, grâce à la mise en place et au développement de dispositifs de sécurisation et de prévention comme la résidentialisation et la vidéoprotection ou la recherche de l’implication des habitants dans la gestion de la tranquillité, voire de la sécurité, le quartier est considéré comme tranquille et sûr pour les 2/3 des habitants. Un résultat exceptionnel lorsque l’on se souvient d’où l’on vient ! En outre, en devenant un vaste espace dégagé et protégé, la place de l’Orme à Martin, mais plus encore le marché qu’elle accueille avec succès, remplit aujourd’hui une fonction de centre attractif. Il nous appartiendra cependant de valoriser encore davantage cet espace à travers quelques améliorations d’aménagement et de manifestations et l’impulsion d’une plus forte intensité d’usage et de fréquentation.

Deuxièmement, les transformations de l’espace public, notamment les aménagements pensés pour les jeunes, comme les accompagnements spécifiques, ont permis une amélioration substantielle de la cohésion sociale avec notamment une perception différente de la place des jeunes dans la ville par les habitants et les usagers du quartier.
Ainsi, les aménagements des places de l’Orme à Martin et des Copains d’Abord, cette dernière étant considérée auparavant comme un «point sensible», ont contribué à une fréquentation banalisée de ces lieux. Les habitants sont plutôt rassurés dans l’espace public où ils disent circuler en toute tranquillité, même s’il subsiste encore quelques craintes en soirée, en particulier pour les femmes et les jeunes filles. En outre, si la rénovation urbaine a favorisé une meilleure connaissance mutuelle entre les habitants, notamment à travers l’aménagement de jeux d’enfants et du mobilier urbain associé, il apparaît qu’elle pourrait être plus développée par des actions offrant davantage d’occasions de pratiques communes.

Troisièmement, même si elles n’impactent pas de la même façon tous les secteurs du quartier en raison soit du planning élaboré soit des retards liés à la démolition de la barre Efidis ou à la concrétisation de l’éco-quartier,  les habitants du Canal considèrent majoritairement que les transformations réalisées dans le cadre du PRU sont de nature à améliorer leur environnement. Il subsiste néanmoins quelques réserves sur les effets de la rénovation notamment au Canal 3. Le retard pris sur le Canal 1 entraîne également une attente plus forte d’équipement commercial chez les habitants et une inquiétude chez les commerçants qui restent de ne pouvoir tenir jusqu’à la réalisation de ce nouvel îlot. De plus, le décalage qui existe entre la requalification du logement social et des copropriétés situées au sein des mêmes îlots, mais qui n’ont pas été traités en même temps, entraine une forte inquiétude chez les copropriétaires concernant la dévalorisation de leur patrimoine, d’autant qu’ils sont confrontés à des charges élevées.
Quant à la Gestion Urbaine et Sociale de Proximité (GUSP) avec la mise en place notamment des diagnostics en marchant, elle a également favorisé une amélioration notable de l’entretien des espaces verts, des rues et places ainsi que dans le nettoyage des tags avec une quasi absence de leur réapparition. Parallèlement, la gène provoquée par les encombrants a été grandement diminuée et les dégradations de l’espace public ne sont, dans l’ensemble, plus à déplorer, même s’il apparaît qu’il existe encore des progrès à réaliser dans le respect de l’espace public et le travail quotidien des gardiens.
Enfin, si les habitants estiment que l’information est assez bien diffusée au sujet de la rénovation urbaine à travers l’Hebdo, malgré une résidentialisation qui peut parfois en freiner la distribution, certains regrettent que ce support n’apporte pas d’informations détaillées sur les travaux en cours ou à venir. En outre, même si elle n’a pas suscité une forte mobilisation, le développement assumé d’une concertation sous diverses formes a entrainé des effets non négligeables sur les aménagements.

Quatrièmement enfin, le PRU génère une satisfaction majoritaire concernant les futures transformations programmées, mais également des fortes attentes, au niveau des commerces et du stationnement principalement.
Même s’il demeure méconnu dans son principe même, le projet d’écoquartier rencontre, d’une part, un intérêt partagé par un grand nombre d’habitants pour  répondre à une situation de marché du logement très tendue, favoriser la diversification sociale et améliorer la consommation énergétique des logements.
D’autre part, le passage du futur T’Zen dans le quartier suscite également de l’intérêt, même si certains habitants du Canal 2 notamment, tout en appréciant ce mode de transport, s’interrogeaient sur le choix de son tracé et sont satisfaits qu’il emprunte finalement le site propre actuel.
Enfin, le déplacement du centre social Brel-Brassens de la place des Copains d’Abord à place de l’Orme à Martin est lui aussi majoritairement apprécié, bien qu’il existe des variations selon la localisation des personnes. Plébiscitée par les habitants du Canal 1, l’implantation du nouveau centre social rencontre une opinion moins favorable de la part de ceux du Canal 2 et 3 qui s’explique, en partie, par une certaine méconnaissance tant du projet que du centre social actuel.

S’agissant des attentes, c’est surtout le secteur du Canal 1, là où ils ont été fortement perturbés par la fermeture de l’hôpital, où la demande de commerces est la plus importante. Elle traduit à la fois une question d’échelle du piéton dans ses déplacements, le fait que tous les trajets ne sont pas optimisés pour aller jusqu’à la place du marché de façon agréable, et enfin une offre incomplète de commerces de proximité.
Sans constituer un manque fortement ressenti, l’attente de nouveaux stationnements traduit elle les difficultés qui subsistent dans le secteur du canal 2, mais aussi dans celui du Canal 1 à travers, entre autres, la condamnation de parkings souterrains.

Au delà de ce bilan satisfaisant qui montre qu’il n’existe pas de fatalité et que l’énorme travail réalisé ces dernières années porte ses fruits, la rénovation urbaine du Canal génère donc néanmoins quelques réserves et de fortes attentes.
Fidèles à notre volonté de promouvoir la concertation et les décisions collégiales, nous nous efforcerons évidemment d’en tenir compte et d’en tirer toutes les conséquences dans la poursuite de la mise en œuvre de l’ultime phase de la rénovation de ce quartier dont une majorité d’habitants conseillerait aujourd’hui à des amis de venir y habiter ! Ce n’est pas rien, et nous étions très peu à l’envisager il y a 10 ans à peine …