Actualité Courcouronnes

Pour Courcouronnes, ce sera 2013

Comme annoncé dans l’Hebdo de cette semaine, nous avons débattu hier soir en Conseil Municipal de l’application de la réforme des rythmes scolaires, entendue à Courcouronnes dans un sens plus large, conforme à nos préoccupations et aux actions mises en œuvre dans le cadre de notre stratégie éducative : celui des rythmes de l’enfant.

En effet, suite à la publication du décret du 24 janvier mettant en place la semaine de 4 jours et demi, il nous appartenait, dans des délais forcément très courts, d’engager la réflexion et la concertation nécessaires, et de décider des modalités d’application de cette réforme, étant entendu que le Gouvernement laisse aux communes la responsabilité à la fois d’appliquer sa réforme, mais aussi de la financer, avec des moyens et des objectifs très inégaux d’une commune à l’autre.
Le texte prévoyait une mise en œuvre, de droit, dès septembre 2013 et, si le Conseil Municipal sollicitait une dérogation avant le 31 mars, en septembre 2014.
Nous n’avons pas sollicité de dérogation ; la réforme s’appliquera donc sur notre territoire à la prochaine rentrée.

A Courcouronnes, pour tout vous dire, nous n’avions pas attendu les décisions gouvernementales pour engager notre réflexion sur l’offre d’activités périscolaires complémentaires du temps strictement scolaire, un des objectifs visés par cette réforme. Notre implication dans un territoire classé en politique de la ville, notre ambition en matière de d’action éducative, concrétisée par l’élaboration de notre SAE depuis une dizaine d’années et la création plus récente de notre GIP, notre expérience du dialogue et de la co-construction avec nos partenaires, nous ont en quelque sorte permis de prendre de l’avance sur ces sujets et de faciliter ainsi une mise en œuvre de la réforme dès cette année… Attention, je ne dis pas que cela sera facile pour autant, mais que cela sera sans doute moins compliqué pour nous que pour d’autres, ailleurs.

Une réforme dont, je le précise et je l’assume, je partage la philosophie. Sur le fond, on ne peut que rejoindre l’objectif : alléger des journées trop longues, mieux les répartir pour favoriser les apprentissages et le bien-être des enfants.
Sur la forme, on ne peut que s’indigner à la fois des délais imposés, de la façon qu’a le gouvernement de s’exonérer des difficultés inhérentes à sa mise en œuvre au niveau local et de la financer, et des disparités qui seront créées entre les communes. Qui plus est, à la veille des élections municipales ! Je souhaite à cet égard bien du courage à mes collègues qui ont fait le choix d’en reporter l’application, pour l’envisager dans des conditions sereines, en pleine campagne municipale. Au moins, pour nous, cette préoccupation sera alors derrière nous.

Bref, suite à la publication de l’arrêté ministériel, j’ai dans un premier temps demandé à mes services d’en étudier le contenu et d’explorer les différentes pistes qui s’offraient à nous pour l’appliquer. Etant entendu que le débat se focalise sur la question du mercredi matin, au point qu’on en oublie que cette réforme compte 25 mesures de toutes natures, dont 4 concernent précisément notre ville : la question des rythmes scolaires qui apporte des changements qui ne sont pas neutres, avec cette demi-journée supplémentaire (le texte précise que ce sera le mercredi, le samedi matin étant dérogatoire), le nombre de maîtres par rapport au nombre de classes, l’accueil des enfants de moins de 3 ans (il est acquis qu’une classe de 18 élèves ouvrira en septembre à Van Gogh, répondant à des critères très précis de sélection), et l’école numérique, sur lequel nous travaillons…

Dans un second temps, fidèles à notre culture partenariale, nous avons souhaité engager un véritable dialogue sur ces questions avec les acteurs du monde éducatif, représentés par les directeurs et directrices d’écoles et l’inspectrice de l’Education nationale, avec les familles, à travers le questionnaire que nous leur avons adressé à la veille de vacances scolaires, et avec leurs représentants élus que j’ai rencontrés mardi. Nous avons également commencé à solliciter, en interne, l’ensemble des services et des acteurs intéressés de près ou de loin par la réforme, parmi lesquels le service des sports, le centre social (concerné par le contrat local d’accompagnement scolaire), ou encore les acteurs associatifs du territoire.

En ce qui concerne plus précisément le questionnaire adressé aux familles, 421 réponses nous sont parvenues sur les 1770 questionnaires distribués. Vous trouverez le détail des réponses dans l’Hebdo. S’il constitue un taux de retour nettement supérieur à celui constaté pour tout autre type de sondage, je dois avouer être relativement surpris et déçu de n’avoir pas vu une mobilisation plus importante des habitants sur une question qui les concerne pourtant directement et pourrait avoir des retentissements sur bien des aspects de leur vie quotidienne.

Pour autant, il ressort de nos échanges et des orientations politiques prises par la Municipalité que la Ville mettra tout en œuvre pour que les Courcouronnais n’aient pas à subir d’éventuelles conséquences. Je pense particulièrement aux parents qui travaillent tard et bénéficient d’ores et déjà des possibilités d’accueil périscolaire matin et soir, ou de l’étude surveillée. Ceux-là ne devront pas être amenés à venir chercher leur enfant plus tôt sous prétexte que la journée d’enseignement se terminerait plus tôt. De la même façon, il n’est à mon sens pas question de leur faire supporter un coût supplémentaire à celui qu’ils supportent à ce jour.

Il nous reste donc désormais à construire, avec l’ensemble de nos partenaires, une offre diversifiée, complémentaire du temps d’enseignement et centrée sur l’intérêt de l’enfant. Précisons que nous travaillerons sur une offre distincte en maternelle et en élémentaire.
Nous prétendons, pour notre part, nous saisir de l’occasion offerte par la réforme pour définir et porter un projet éducatif réellement ambitieux et favorable à tous les enfants de la commune. L’idée est de leur proposer une sorte de passeport pour la réussite, qui pourrait reposer sur une offre triple : étude et aide aux devoirs, offre culturelle et offre sportive. C’est peut-être notamment l’occasion de créer des passerelles entre l’école et les équipements sportifs municipaux, voire les associations sportives. Tout cela reste à inventer !

De la même manière, l’impact budgétaire n’étant pas neutre (il est évalué à ce jour à environ 300 000 euros par an), et dans la mesure où nous nous sommes engagés à ne pas actionner le levier fiscal, nous serons amenés à nous réinterroger sur la poursuite de certains dispositifs tels que le CLAS ou les études surveillées par les enseignants que rémunère la Ville. Par ailleurs, soyez d’ores et déjà assurés que certaines pistes, même si elles pourraient être pour nous les moins onéreuses, comme se contenter d’allonger tout simplement le temps de pause méridienne, ont d’ores et déjà été écartées.

Nous disposons à cette fin d’un temps limité. Il s’agit d’un travail colossal et je veux ici remercier nos élus et agents qui travaillent sur ce sujet depuis plusieurs semaines.
D’ores et déjà, nous pouvons cependant nous féliciter de la qualité du dialogue engagé et du fait que nous sommes, avec les directeurs d’écoles, à peu près sur la même longueur d’ondes, et cela facilite et facilitera à coup sûr notre travail.
L’objectif que nous nous sommes fixés hier soir, c’est de revenir vers les parents d’ici un mois, un mois et demi, pour leur présenter un mode concret de fonctionnement.
Ainsi donc, nous en reparlerons très vite…