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Plan de Déplacements Urbains de la Région Ile-de-France : l’asphyxie nous guette

Lancée en décembre 2007, la révision du Plan de Déplacements urbains d’Île-de-France (PDUIF) actuellement en cours revêt une importance toute particulière dans la mesure où ce document « détermine les principes régissant l’organisation des transports de personnes et de marchandises, la circulation et le stationnement, dans le périmètre des transports urbains » (Code des Transports) et les actions programmées en matière de mobilité d’ici à 2020.

Mais avant son adoption définitive par le Conseil régional d’ici fin 2013, la majorité du Conseil régional a adopté, lors de la séance plénière du 16 février dernier, un projet sur lequel les différentes collectivités locales concernées sont amenées à se prononcer. Notre groupe vient donc d’adresser à l’ensemble des collectivités de notre majorité un courrier leur indiquant les raisons pour lesquelles nous avons voté contre ce projet. Nous considérons en effet que Jean-Paul Huchon et ses alliés ont établi un plan d’actions qui, s’il devait être appliqué, conduirait tout droit à l’asphyxie de notre Région, plutôt que de faciliter la vie quotidienne de ses habitants.

Tout d’abord parce que le STIF, en charge de son élaboration, s’est basé sur un diagnostic datant de 2001 pour imaginer les déplacements de… 2020 !
Or une étude de l’Observatoire de la mobilité en Île-de-France a rappelé que depuis 2001, la fréquentation des transports a augmenté de 25% quand le nombre de trains n’a progressé que de 5%… Les millions d’usagers qui subissent quotidiennement des conditions de transports indignes en savent quelque chose !
Faute de s’appuyer sur un état réel de la situation et un diagnostic valable, l’exécutif régional s’apprête donc à reconduire, pour les 10 prochaines années, les mêmes erreurs qu’au cours de la décennie qui vient de s’écouler et n’apporte aucune réponse à l’embolie des transports constatée chaque jour par les Franciliens.

Certes, la Région prévoit d’ici 2020 une augmentation de 20% de la fréquentation des transports publics et une augmentation de 25% de l’offre. Toutefois, comme je viens de le souligner, la Région fonde ses prévisions de progression du trafic sur des chiffres obsolètes. Ainsi, si le PDU est intégralement appliqué, l’offre de transports aura augmenté de 30% entre 2001 et 2020, alors que le trafic aura progressé dans le même temps de 50%.
En outre, l’objectif que s’est fixé la Région est non seulement insuffisant, mais on peut surtout d’ores et déjà affirmer qu’il ne sera pas atteint. En effet les schémas directeurs des RER votés par le STIF pour les années à venir n’intègrent pas une telle augmentation de trafic. Et ce n’est que sur la pression des collectivités de grande couronne que le CA du STIF a voté le 6 juin dernier une enveloppe de 5 millions d’euros pour 2012 pour le développement de 40 projets de lignes de bus, alors que pas un euro n’avait été inscrit pour l’augmentation de l’offre en 2012.

Par ailleurs, le projet de tarification unique envisagé par la majorité régionale va priver les deux principaux opérateurs de transports franciliens de 550 M€ de recettes par an ; autant d’argent qui ne pourra pas être investi dans l’amélioration des transports.

Enfin, plutôt que de fixer des objectifs incitatifs et ambitieux, la majorité de gauche à la Région a préféré élaborer un plan d’action punitif pour les automobilistes franciliens.
Si l’objectif consistant à limiter la place de l’automobile est parfaitement louable –il s’agit là d’un des objectifs du Grenelle de l’Environnement dont notre famille politique est à l’origine – il convient de l’atteindre par des moyens appropriés. Notre objectif n’est pas de déclarer la guerre à la route et au stationnement, comme le font la gauche et les écologistes par pure idéologie, mais d’offrir aux Franciliens des transports modernes leur permettant de se déplacer dans les meilleures conditions sanitaires et de sécurité dans notre région.
Or la Région fait tout l’inverse. Alors que 75% des Franciliens sont condamnés à prendre leur voiture pour se rendre à leur travail faute de solutions alternatives, la Région ne fait pas l’effort nécessaire en matière de transports en commun, coupe tout investissement en matière d’infrastructures routières et refuse de soutenir le développement des technologies en faveur de la voiture propre.

Autant d’éléments d’appréciation que nous avons souhaité porter à la connaissance de nos collègues avant que leur collectivité n’émette un avis sur le projet de PDUIF qui leur est soumis. Affaire à suivre…