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Pass Navigo à tarif unique : la faute impardonnable

le-pass-navigoLa majorité de gauche de la Région vient d’annoncer sa volonté de mettre en œuvre à tout prix la promesse faite dans la légèreté et la fièvre d’une soirée électorale, il y quatre ans : le pass Navigo unique.

L’idée peut paraître alléchante (qui dans l’absolu pourrait être contre une baisse de son abonnement pour les usagers les plus éloignés) ? Mais, cette mesure est un poison qui ruinera les transports publics franciliens et se retournera doublement contre ses prétendus bénéficiaires.

1 – Les salariés vont se voir reprendre sur leur bulletin de salaire ce qu’ils ont gagné sur le pass Navigo. En effet, le financement de cette mesure sera assuré par un prélèvement supplémentaire de 0,13 % sur la masse salariale de toutes les entreprises et grèvera donc leur pouvoir d’achat.

2 – Cette mesure revient surtout à sacrifier la rénovation des transports publics. Le pass Navigo à tarif unique privera les transports franciliens de 400 à 500 millions d’euros par an.

Qui peut soutenir que cet argent ne serait pas nécessaire à la rénovation des transports publics dont l’état est déplorable ?

Chacun sait aujourd’hui que les trains en retard, bondés, supprimés ont pour cause la vétusté du réseau mais aussi la croissance de sa fréquentation. Les investissements lancés et annoncés, notamment autour du Grand Paris Express, ne permettront pas de remettre à niveau le réseau existant. Priver les transports publics franciliens de 400 à 500 millions d’euros par an, c’est se priver de la remise à niveau d’une ligne de métro ou de RER chaque année.

Cette mesure est à la fois grave et démagogique. La gauche au pouvoir à la Région depuis 16 ans présente un bilan catastrophique. Pour tenter de sauver les meubles et éviter la sanction légitime que les électeurs souhaitent leur infliger, elle est prête à cette mesure qui met en péril les transports publics.

Les usagers ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. La fédération qui les représente s’est opposée avec fermeté à cette mesure qu’elle juge dangereuse. En fait, incapables d’apporter la moindre amélioration dans les transports publics, la gauche a décidé de mettre les tarifs au niveau du service plutôt que de mettre le service au niveau du prix.

Il était possible de maintenir l’équilibre des finances des transports publics en Ile-de-France tout en introduisant une plus grande justice dans les tarifs entre Paris et la grande couronne. Cela nécessitait de faire preuve de courage politique. La majorité régionale prouve qu’elle en manque cruellement.