Actualité Courcouronnes

Nouveaux rythmes scolaires : un bilan globalement positif !

Cérémonie annuelle de la communauté éducative Le débat qui sévit à l’échelle du pays sur la mise en œuvre par les communes de la réforme des rythmes scolaires voulue par le Gouvernement nous rappelle à bien des égards combien, de tout temps, il s’avère difficile d’impulser une dynamique vers le changement.

Dans ce contexte et au-delà de tout clivage partisan, c’est en responsabilité et dans le cadre légal que j’ai préféré, à la philippique d’opportunité ou au calcul politique, la réalité des besoins de notre territoire pour trouver dans cette réforme les moyens d’améliorer pour nos populations scolaires l’accès au savoir et à la découverte.

Faisant fi des atermoiements, et parfois d’ailleurs sans attendre le Gouvernement, notre  ville classée en politique de la Ville a opté pour l’ambition éducative et la « persévérance scolaire ». Parce que, plus que d’autres, elle est astreinte de longue date à expérimenter, innover, cultiver la capacité à « aller vers », pour trouver des réponses pertinentes dès aujourd’hui aux problématiques éducatives, scolaires et périscolaires qui nécessairement se posent et se poseront à notre localité avec acuité.

J’ai fait également le choix assumé de la posture – inconfortable – d’une Ville qui s’engage dans l’application de cette réforme en essayant de trouver le meilleur compromis entre les textes réglementaires, le volontarisme des acteurs locaux et des familles attachées à la réussite de leurs enfants. Le tout dans des délais contraints et le contexte économique et financier extrêmement difficile que subissent nos collectivités locales depuis déjà plusieurs années.

C’est donc à travers un dialogue franc, constructif et exigeant, sans dogmatisme et fidèle à la culture de concertation inscrite de longue date au sein de nos territoires, qu’avec les familles, les représentants élus de parents d’élèves, les services départementaux de l’éducation nationale et les ressources locales (associations culturelles, sportives, habitants…), la Ville s’est donnée les moyens d’adopter les nouveaux rythmes dès la rentrée de septembre 2013 dans des conditions apaisées.

Après un an de fonctionnement et conformément à mes engagements, j’ai réuni, le 5 décembre puis le 25 juin derniers, les représentants élus des parents d’élèves afin d’évoquer avec eux le bilan de la réforme des rythmes scolaires que nous avons mis en œuvre sous la forme du « Passeport pour la réussite ». Parallèlement, un bilan a également été réalisé en interne par les services municipaux dès le 18 juin avec les ATSEM et s’est poursuivi le 26 juin avec les animateurs, les directeurs d’école, les associations, les clubs sportifs et les intervenants spécialisés, avant de rencontrer dans la même démarche, le réseau des conservatoires de la Communauté d’Agglomération Evry Centre Essonne le 1er juillet en matinée.

Fruit d’un intense travail des élus et des agents municipaux, en lien avec la communauté éducative et les associations locales, la création du « Passeport  pour la réussite » a constitué un véritable instrument innovant favorisant à la fois les apprentissages fondamentaux, le bien-être et l’éveil des jeunes Courcouronnais. En outre, soucieuse de préserver les habitudes et rythmes de vie familiaux, la Ville s’était engagée auprès des parents à ne pas bouleverser les emplois du temps des enfants. Ainsi, tout a été mis en œuvre pour proposer une organisation aussi simple et lisible que possible : des enseignements qui s’achèvent tous les jours (à l’exception du mercredi) à 16h, suivis d’une heure d’activités éducatives non scolaires.

Dans le cadre de ce dispositif, la sensibilisation culturelle et artistique ainsi que la découverte sportive ont constitué la pierre angulaire des activités proposées à tous les élèves des écoles élémentaires : flûte, violon, alto, clarinette, violoncelle, percussion, chorale, éveil et création artistique, échecs, manga, arts visuels, sculpture, théâtre, informatique, atelier fables, ludothèque, culture hispanique et anglo saxonne, arts plastiques, mais aussi escalade, volley, basket, danse, tchoukball, twirling bâton, jeux traditionnels, cirque, golf éducatif, base-ball, rugbyflag, lutte, boxe,  gymnastique et escrime… Pas moins de 37 ateliers se sont ainsi tenus au cours de l’année dans 12 sites.
Ce large panel d’activités a suscité un vif engouement des enfants et des familles, et a fait progresser la fréquentation des accueils périscolaires de 20 % par rapport à l’année précédente.

Pour autant, si l’ensemble des parties prenantes a apprécié la diversité de ces activités, la qualité du dialogue instauré entre les parents, la communauté éducative et la Ville, l’implication des directeurs d’écoles et la cohérence des enseignements dispensés sur et hors du temps scolaire, ou encore la flexibilité dont ont su faire preuve les services municipaux, plusieurs points méritent encore d’être améliorés.

D’une part en effet, le remplacement des intervenants, l’organisation du tamponnage des passeports, la configuration spécifique de chaque école, la variation de la fréquentation et l’impact sur le mercredi, la question de l’aide aux devoirs, se sont avérés par moment problématiques. Tout comme d’ailleurs les répercutions d’un débat sur la réforme mal perçue au niveau national, sur une mise en œuvre plutôt bien accueillie localement. D’autre part, la résistance naturelle au changement d’habitude a également dû faire l’objet d’un accompagnement particulier, formalisé par un dialogue permanent et multiforme entre les exigences du législateur, les services municipaux, les familles et les écoles.

Financièrement, la mise en œuvre de la réforme s’est avérée relativement neutre pour le budget communal. En partie, et je veux le souligner ici, grâce à l’esprit de responsabilité des familles qui a permis de limiter l’impact sur la fréquentation de la cantine le mercredi, et de ce fait, éviter l’augmentation du coût facturé. Aussi, les dépenses engagées (principalement la rémunération des intervenants, des enseignants et les subventions versées aux associations participantes) ont été en grande partie compensées par différentes mesures de redéploiement et les subventions versées par l’Etat et la Caisse d’Allocations Familiales… Les charges indirectes (occupation des équipements, consommation énergétique…) et les charges pesant indirectement sur le personnel communal n’ont cependant, quant à elles, pas encore fait l’objet d’une évaluation.

Au regard de ce bilan globalement positif et du décret du 7 mai 2014 stipulant que cinq matinées de classe sont obligatoires pour tous les enfants, la Ville prévoit donc de poursuivre l’organisation actuelle à la prochaine rentrée. Si 90 % des intervenants ont à cet égard d’ores et déjà été reconduits dans leurs missions, de nouveaux projets, tournant notamment autour de la nutrition et de la santé, de la danse urbaine ou de la musique, avec la mise en place d’une classe-orchestre, viendront étoffer notre offre à la rentrée prochaine. En outre, la Ville veillera à renforcer encore davantage le lien entre les intervenants et les animateurs, à affiner la communication en direction des familles et à proposer un lieu au calme dans chaque école pour les enfants qui en émettent le souhait après les activités éducatives non scolaires. Enfin, la mesure d’un mois de vigilance collective le mercredi midi sera reconduite en septembre pour prévenir tout augmentation de coût, et ne pas modifier ainsi la participation financière des familles.

Tout en saluant encore une fois avec fierté le formidable travail réalisé par tous au cours de ces 18 derniers mois pour faire de cette réforme une réussite au service des enfants de notre Ville, je vous invite, pour conclure, à visionner la présentation et les témoignages concernant la mise en place du « Passeport pour la réussite ».