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Non à l’omnibus !

J’assistais lundi à l’Assemblée nationale à une conférence de presse qui a réuni les représentants de 8 communautés d’agglomérations et communautés de communes, ainsi qu’un certain nombre de conseillers généraux, régionaux (dont mon ami François Durovray dont vous connaissez l’implication sur ces questions), députés et sénateurs essonniens, toutes tendances politiques confondues.

A l’ordre du jour de cette conférence, l’affirmation de notre opposition unanime à la mise en œuvre du schéma de desserte porté par le STIF et qui prévoit, lors de son conseil d’administration du 13 février prochain, d’augmenter d’ici à 2014 le nombre de dessertes des RER C et D en petite couronne, et l’annonce du lancement d’une pétition par laquelle nous appelons les 750 000 habitants des territoires que nous représentons, et plus spécifiquement les usagers des transports en commun, à se mobiliser pour faire entendre leur voix – notre voix – auprès du STIF.

Il est en effet question, pour le STIF, d’augmenter le nombre d’arrêts sur la ligne du RER C entre Juvisy et Paris, et entre Villeneuve-Saint-Georges et Paris sur la D. Cette mise en omnibus aura pour effet d’allonger d’une quinzaine de minutes les temps de parcours quotidiens des usagers essonniens, c’est-à-dire les contraindre à passer 15 jours de plus dans les RER par an… ce qui est tout simplement inacceptable. Quand on connaît la réalité de ces lignes et les conditions de transports que subissent ses usagers, c’est même carrément scandaleux !
D’autant plus, d’ailleurs, que ce projet n’apportera rien aux habitants des gares de petite couronne qui seraient ainsi desservies, puisqu’ils ne pourront pas monter dans les rames déjà bondées et que le STIF ne prévoit pas d’augmenter le nombre et la fréquence des trains.

Matériel insuffisant ou insuffisamment entretenu, incidents à répétition, allongement des temps de parcours et impossibilité d’augmenter les fréquences pour satisfaire un nombre croissant d’usagers… Les usagers des transports en commun de l’Essonne subissent chaque jour irrégularités, retards et trains bondés, au point que la ligne D a connu un record d’irrégularités en 2012 : 36%, d’après les relevés de l’association SaDur. Rien qu’au 4ème trimestre, plus de 2 trains sur 5 ont été en retard ou supprimés, souvent même sans que les usagers ne bénéficient d’aucune information !

La raison ? L’insuffisance des efforts entrepris par les pouvoirs publics pour rénover les infrastructures et le matériel. L’Etat, la RATP, RFF et la SNCF ont sous-investi depuis 30 ans dans l’entretien et la modernisation des lignes RER d’Ile-de-France. Alors que leur fréquentation augmentait de 5 à 10 % par an, les retards, pannes et vétusté du matériel roulant se faisaient de plus en plus manifestes.

Souvenez-vous : il y a un an, je me faisais l’écho des propos de Guillaume Pépy, le Président de la SNCF, auditionné par le Comité Directeur de l’AMF. Celui-ci déclarait alors que les voyageurs Franciliens subissent les pires conditions de transport en France.
De fait, alors que le seul RER D est emprunté quotidiennement par un nombre d’usagers deux fois et demi supérieur au TGV sur le territoire national, les investissements consentis par les pouvoirs publics se sont prioritairement concentrés soit sur la petite couronne et Paris intra-muros, soit sur les lignes à grande vitesse, au point que les villes dites de « 4ème couronne » c’est-à-dire des grandes métropoles voisines du bassin francilien (Lille, Orléans, Chartres, Reims, Le Mans) sont aujourd’hui plus proches de Paris en temps de transport que nos villes de grande banlieue… et dans des conditions de confort incomparables !

Or donc, voici que le STIF projette d’éloigner encore plus la grande banlieue de Paris… Ne nous laissons pas faire, ne les laissons pas faire ! Unissons nos efforts pour dissuader la Région et le STIF de commettre l’irréparable ! Je vous invite à signer et faire signer la pétition.