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L’éducation au cœur des débats

J’anime ce matin la première des six réunions thématiques programmées dans le cadre de la concertation nationale sur la politique de la ville dont je vous ai déjà parlé il y a quelques jours, alors que je participais à son lancement à Roubaix. Aujourd’hui, donc, nous allons parler d’éducation. Bien entendu, l’ensemble des sujets (emploi, prévention de la délinquance,…) que nous aborderons dans les mois à venir revêt une importance majeure, et l’éducation en tête en ce qu’elle participe de la réduction des inégalités entre les quartiers de la politique de la ville et le reste de notre pays.

Comment en effet se satisfaire, rapport après rapport, de la persistance d’écarts d’une telle importance en matière de réussite scolaire entre les enfants des quartiers dits sensibles et la moyenne nationale ? Les chiffres sont là : parmi les jeunes des quartiers, 41% ont au plus le brevet des collèges et 20% un diplôme du supérieur, contre respectivement 22% et 32% pour l’ensemble des 15-29 ans de France métropolitaine.

C’est avec de nombreux représentants des administrations centrales, des entreprises, du milieu associatif et des collectivités locales que nous nous interrogerons aujourd’hui sur les réponses à apporter. Nous nous interrogerons sur la formation et les conditions de travail des enseignants, nous évoquerons la nécessité éventuelle d’adapter la pédagogie dans ces quartiers, pourquoi pas en faisant plus qu’ailleurs la promotion de projets pédagogiques d’établissement. La question de l’égalité d’accès à la formation et à l’éducation sera centrale dans nos débats ainsi que celle de la nécessaire mixité dans les établissements scolaires pourtant si difficile à obtenir. La question de la relation école / famille ou bien encore celle des associations dans le travail nécessaire de prévention du décrochage scolaire auront également toute leur place.

Vous pouvez compter sur moi pour agir en tant que co-président et finalement animateur de cette réunion pour que nous dépassions les sujets convenus. Le ministre de la Ville a fait de la mobilisation du droit commun un enjeu central de cette concertation, je souhaite pour ma part que nous n’oublions pas non plus le caractère additionnel de la Politique de la Ville, ou bien encore quelque chose qui m’est cher, la possibilité donnée aux territoires concernés d’expérimenter.

C’est ce que nous faisons depuis plusieurs années à Courcouronnes et j’ai la faiblesse de croire que ça fonctionne. La mise en œuvre, parmi les premiers en France, du programme de réussite éducative et son efficacité démontrée, le développement avec nos partenaires du Bus des parents, notre projet Alternative Suspension de prévention du décrochage scolaire inspiré du Québec, sont autant d’illustrations que lorsqu’un territoire se mobilise et qu’il est soutenu par les financeurs, il peut parvenir à infléchir les statistiques.
En attendant, bien entendu, les effets de notre Stratégie d’Action Educative qui va permettre la coproduction de nouvelles innovations éducatives et de notre Groupement d’Intérêt Public, véritable ovni, lequel à bien des égards matérialise une volonté nouvelle de gouvernance de l’action publique…

  • Berman Yves
    4 novembre 2012 at 13 h 09 min

    quelques remarques qui ne sont , vu mon peu de compétence dans ce domaine, que pour témoigner:

    – ne pas confondre éducation et instruction, l’éducation reste de la compétence des parents ( familles ) pour apprendre aux jeunes le respect des « sachants » et de les socialiser ( pas forcément au PS d’ailleurs) ; reste à instruire nos jeunes, avenir du pays où qu’ils grandissent, et je ne vois pas d’autre solution que de renforcer à toutes les étapes le mot TRAVAIL . Je vois donc beaucoup de démagogie à la suppression des devoirs à domicile, et d’ailleurs DEVOIR n’est pas non plus un gros mot; certes, l’idéal que chaque jeune ait un bureau dans sa chambre…

    – savoir qu’on ne peut plus lutter contre l’invasion des médias et de l’internet, avec lesquels nos jeunes ont une impression de savoir ; combien de livres lisent-ils? par rapport au temps passer sur facebook ou le web ( voir nos actions de prévention des addictions ).

    – les apprentissages ne peuvent s’acquérir que sur des jeunes en bonne santé, avec une hygiène de vie adaptée à leur âge : le coucher tôt et le petit-déjeuner, c’est bien de la responsabilité des parents, évitant somnolence diurne et hypoglycémie…

    – enfin, puisque la mode est à la « compétitivité », supprimer les notes est encore plus débilitant que de supprimer le redoublement : impunité , pas de sanction…. mais dans le sport, bien sûr classement, don de soi, effort , descente, victoire sont les mots les plus fréquents. Et prétendre qu’il ne faudra pas donner le meilleur de soi est un beau mensonge fait aux jeunes…

    Bon courage, mon cher Stéphane, il va falloir beaucoup de ténacité pour concilier effort des collectivités et efforts des responsables, renverser les dogmes incrustés dans l’esprit de certains, et innover, enfin, et c’est le plus dur, abolir les réflexes d’assistés pour remettre de la responsabilité à chaque étage de la fusée ( ou de la tour…)

    Ca vaut le coup pour nos jeunes, talentueux mais souvent flemmards.

    amitiés