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Le plafond de verre résiste encore… mais pour combien de temps ?

Stéphane BEAUDET, Courcouronnes avec Pecresse

Ce matin, toute la presse fait les comptes : 7 régions pour la Droite, 5 pour la Gauche, 0 pour le FN.

Forcément, présenté ainsi, cela incline à penser que la Droite a remporté ces élections régionales et que le Front National a été vaincu, nous éloignant des sombres présages du 1er tour. C’est une lecture statistique implacable et qui recèle d’ailleurs de belles victoires pour ma famille politique. Mais ce serait trop simpliste, nous allons en reparler…

En Ile de France, notre mobilisation acharnée de ces derniers mois, qui a redoublé d’intensité lors de la difficile semaine d’entre deux tours, n’aura pas été vaine pour défaire l’agressivité de Claude BARTOLONE et de ses équipes. Valérie PECRESSE a incontestablement réalisé la plus belle performance de cette soirée électorale en reprenant la plus puissante région française à la Gauche qui la dirigeait depuis 1998.

Certes ma famille politique a repris des régions acquises à la Gauche depuis plus longtemps encore, je pense notamment à Nord Pas de Calais Picardie, mais l’objectivité politique doit nous faire admettre que nous n’aurions jamais gagné 7 régions sans le désistement républicain opéré par le PS et ses Alliés dans 2 d’entre elles.

Et comme je me refuse à ne pas tenir compte de cette donnée, cela relativise notre résultat au niveau national.

En Ile de France donc, il est désormais un fait que Valérie PECRESSE a remporté la région face à une Gauche remobilisée à bloc dimanche dernier et face au Front National. Deux adversaires certes pas de même nature mais qui auront mené une campagne acharnée, éhontée même de la part du Président de l’Assemblée Nationale (qui va donc le rester comme je vous le prédisais la semaine dernière ; et oui, il n’y a qu’en France où lorsqu’on perd une élection de cette importance on reste le 4ème personnage de l’Etat, même si l’on feint de remettre son mandat en jeu avec des risques pour le moins limités…) contre la personne de Valérie et à travers elle toute notre famille politique injustement caricaturée.

Nous avons donc fait la démonstration de notre force et de notre cohérence pendant ces mois de campagne.

Nous avons validé la pertinence de l’alliance la plus large du Centre et de la Droite pour créer la dynamique indispensable dans une élection, celle du premier tour.

Nous avons enfin convaincu les électeurs de se mobiliser puisque le surcroît de participation au deuxième tour aura principalement été celui de nos électeurs qui ont compris que l’alternance en Ile-de-France ne se représenterait pas de sitôt !

Qu’il me soit donc permis de tirer mon chapeau à Valérie qui aura fait preuve d’une force et d’une résistance à toute épreuve pour faire tomber ce bastion de la Gauche. Il faut se rappeler qu’en 2010, cette région sociologiquement de gauche était perdue dans un duel gauche-droite à 58% contre 42. Gagner donc aujourd’hui dans une triangulaire en donne forcément une toute autre dimension relevant de l’exploit.

Mes félicitations également à toute son équipe rapprochée qui a parfaitement conduit cette campagne régionale organisée à travers les 8 départements franciliens, et croyez-moi dans une région de 12 millions d’habitants ce n’est pas une mince affaire !

En Essonne, c’est uSB urnene grande fierté qui m’anime, comme vous pouvez l’imaginer. La liste que j’ai eu l’honneur de mener arrive en tête de ce second tour, à 10 toutes petites voix près ! Comme quoi il n’y a pas une seule séance militante sur un marché, dans une gare, une cage d’escalier dans un porte à porte qui soit de trop ! L’action militante prend là toute sa mesure. Et notre énergie dépensée des mois durant sans compter, encore davantage.

Avec 171 679 voix contre 171 669 pour mon adversaire, nous sommes allés chercher plus de 84 000 voix de plus qu’au premier tour, pour faire la différence, ce qui est colossal !

Une force de conviction deux fois plus grande qu’à Gauche où seulement 38 500 voix se sont ajoutées, une fois déduit l’impact de la fusion de listes (133 163 voix cumulées au 1er tour).

Évidemment, l’on pourrait se dire que c’est juste. Mais comme à l’échelon régional, et on le verra plus tard également à Courcouronnes, l’emporter ainsi en triangulaire après un duel en 2010 Gauche droite à 57-43, ce n’est pas rien et cela prend une sacrée valeur symbolique dans le département du Premier Ministre, avec son Député suppléant en tête de liste.

Autre satisfecit, le FN a significativement reculé en Essonne, en pourcentage c’était attendu avec le surcroît de participation mais surtout en nombre d’électeurs en passant de 79 991 voix au 1er tour à 76 382 au 2ème tour. Faible satisfaction, évidemment, car cela reste toujours trop élevé mais croyez-moi ce n’est pas le cas partout, surtout avec une telle augmentation de la participation.

Il est encore trop tôt pour expliquer finement ces résultats essonniens mais ils valident notre stratégie de campagne à l’oeuvre depuis septembre dernier.

Ils sont aussi et surtout le fruit d’une mobilisation extraordinaire en Essonne au sein de ma famille politique et chez nos amis centristes ; “l’union sacrée” montre que sans elle il ne faut pas escompter de victoire face à une gauche qui reste bien implantée même lorsqu’elle affronte des vents contraires. Sachons ne pas l’oublier pour mieux appréhender les futures échéances !

Je veux donc ici remercier chacune et chacun de mes colisitier(e)s, l’ensemble des militants qu’ils soient Les Républicains, UDI ou MODEM, et saluer la très efficace petite équipe qui m’a entouré tout au long de ces mois de campagne, notamment Jacques LEBIGRE mon directeur de campagne en Essonne sans oublier Sophie, Grégory, Johanna, Gabrielle et bien d’autres encore qui ont oeuvré en coulisses…

A Courcouronnes, la soirée a également été historique. Parce qu’avec une participation en forte hausse, bien plus au Canal qu’au Centre, nous avons quand même réussi à virer en tête sur la ville.

Certes que de 30 voix, mais avec 1 600 voix pour ma liste face aux 1 570 de celle de Carlos DA SILVA, nous obtenons 44,76% des voix contre 43,92%.

Dans le détail, on peut noter les évolutions suivantes entre les deux tours :

  • le Front National baisse significativement, en passant de 15% à 11% à l’appui d’une perte de plus de 70 voix !
  • la liste de Carlos Da Silva, une fois déduit l’impact de la fusion de listes (soit un total de 1 166 voix au 1er tour), a attiré 404 voix supplémentaires.
  • la liste de votre serviteur, qui n’a fusionné avec personne, a attiré 550 voix supplémentaires.

Et lorsque l’on met en relief ces résultats avec ceux des précédentes régionales en 2010, cela donne les évolutions suivantes :

  • nous gagnons 249 voix par rapport au score de 40,15% réalisé par NKM
  • la Gauche perd 444 voix par rapport au score de 59,85% réalisé par Julien Dray,

en se rappelant tout de même qu’en 2010 le FN n’était pas présent au second tour…

Donc, pour résumer, sur Courcouronnes, la Droite républicaine a augmenté en 5 ans ses résultats en voix et en pourcentage pendant que primo, le FN s’installe dans le paysage politique local, secondo, la Gauche perd des centaines d’électeurs.

Je ne suis pas sûr, malheureusement, qu’une telle évolution à l’échelle communale se retrouve ailleurs, notamment dans la 1ère circonscription de l’Essonne où, les plus anciens de mes compagnons de route n’en reviennent toujours pas, c’est finalement à Courcouronnes que la Droite républicaine obtient son meilleur score.

Alors certes on me rétorquera qu’il y a un effet “Maire tête de liste”, c’est évident j’en conviens. Mais je n’ai pas l’outrecuidance de penser que je suis le seul responsable de la perte de plus de 400 voix en 5 ans par la Gauche, ou du fait qu’à Courcouronnes, deux bureaux de vote du Canal offrent un meilleur score au FN que celui realisé au niveau communal (11,33%).

Puisque tout au long de cette campagne, la Gauche n’a pas manqué de nous donner des leçons sur l’attitude à avoir vis à vis du Front National, il est parfois bon de rappeler que la performance électorale de ce parti se fait partout et peut-être même davantage (dans sa progression, pas en nombre de voix) là où la Gauche y était particulièrement bien implantée.

Cependant, si l’on se projette maintenant sur le champ national, voilà ce qui m’inquiète profondément après ce deuxième tour ; un comptage dont je n’ai pas encore entendu la presse se faire le relais même si certains journaux précisent bien que le FN a battu hier soir (6,82 millions de voix) son record de voix par rapport à son dernier point le plus haut qu’était le 1er tour de la dernière élection présidentielle.

Ce comptage c’est celui de la progression territoriale et quantitative du nombre d’électeurs du Front National entre les deux tours de ces élections régionales avec 686 656 voix supplémentaires réparties ainsi sur l’Hexagone :

LANGUEDOC ROUSSILLON MIDI PYRENEES + 173 000 voix

PACA + 167 000 voix

ALSACE CHAMPAGNE ARDENNES LORRAINE + 150 000 voix

NORD PAS DE CALAIS PICARDIE + 106 000 voix

BOURGOGNE FRANCHE COMTE + 73 000 voix

NORMANDIE + 57 000 voix

CENTRE VAL DE LOIRE + 46 000 voix

AUVERGNE RHONE ALPES + 28 000 voix

BRETAGNE + 28 000 voix

AQUITAINE POITOU CHARENTES LIMOUSIN + 27 000 voix

PAYS DE LA LOIRE + 16 000 voix

ILE DE FRANCE – 59 000 voix

De cela, quand est-ce que l’on en parle vraiment et sérieusement ?

Vous rendez-vous compte, il n’y a désormais plus qu’en Ile de France, soit 1 région sur les 12 situées en métropole, où le Front National a reculé entre les deux tours.

Voilà pourquoi je titrais que le plafond de verre tient encore, mais pour combien de temps?

Se réjouir que le Front National n’ait finalement obtenu aucune région, OK très bien, mais c’est clairement l’arbre qui cache la forêt !

A quand la modélisation des résultats en PACA et NPDCP si la Gauche avait maintenu ses listes ? Je crains que le plafond de verre aurait déjà subi quelques inquiétantes fissures…

Et pourtant l’on constate que ce n’est pas forcément dans ces deux régions que le FN augmente le plus entre les deux tours. Finalement, c’est peut-être cela le plus effrayant, on se rend compte qu’il progresse quasiment partout à deux exceptions près : la Bretagne et l’Ile de France !

Même dans cette France du Grand Ouest que d’aucuns imaginent préservée du chômage de masse, des flux migratoires ou des problématiques dite de “la banlieue”, le FN est là et il monte !

Même dans des régions relativement plus épargnées que d’autres par la crise économique, je pense notamment aux Pays de la Loire ou au Centre Val de Loire, le FN s’implante patiemment mais sûrement !

Et là où il est historiquement présent, il progresse encore et fortement. Regardez sa progression dans le Midi et dans le Grand Est…

Voilà pourquoi, même si à titre personnel je me réjouis d’avoir réalisé le double “Grand Chelem” (en Ile-de-France, en Essonne et à Courcouronnes, non seulement la Droite républicaine arrive en tête au 1er comme au 2ème tour mais le FN recule entre les deux tours), je n’ai pas le sentiment d’une belle soirée électorale d’abord pour mon pays, ensuite au sein de ma famille politique.

Personne ne peut se satisfaire du mirage d’une carte des régions mi rose, mi bleue. Ce retour, de prime lecture, à un bi-polarisme gauche/droite, ne reflète plus aucune réalité. Il faut l’entendre et surtout ne plus être aveugle.

Notre classe politique parisienne est à bout de souffle, elle est incapable de sortir des logiques d’appareil, incapable de ne pas penser à la prochaine primaire ou la prochaine présidentielle comme si nos habitants se souciaient aujourd’hui du rapport de force politique dans tel ou tel parti d’ici 18 mois.

Franchement, si cette cécité se poursuit, alors ce plafond de verre nous explosera au-dessus de la tête en 2017 !

  • Que faut-il de plus à notre élite politique pour qu’elle comprenne qu’elle ne représente plus qu’elle-même, un « entre-soi » de moins de 1% sur le corps électoral français, dont le seul but est dorénavant de distribuer des investitures ?
  • Quand se rendra-t’on compte que le vote FN est non seulement un vote d’adhésion mais aussi un parti qui recrute chez les jeunes, donc un parti qui se constitue une base solide et durable ? Et que de facto la reconquête de notre électorat ne passera pas par des déclarations sur des plateaux télé mais une action forte, transparente et concrète sur le terrain. Cela fait trente ans que j’entends les soirs d’élections qu’il faut tout changer…
  • Quand est-ce que chez Les Républicains, comme chez les Socialistes d’ailleurs, on se rebranche en prise directe sur le pays et ses attentes réelles, sur nos militants et ce qu’ils ont à dire, à apporter ?
  • Quand va-t-on comprendre qu’un pays recensant plusieurs millions d’inactifs et de pauvres est prêt à tout essayer, y compris les extrêmes, pour espérer s’en sortir ?
  • Quand va-t’on s’inspirer de ce qui marche chez nos voisins et oser faire la même chose en France en sortant des postures et dogmatismes ?

Avec le résultat d’hier, je me dois aussi maintenant de vous démontrer que j’ai désormais, à l’échelle de la région Ile-de-France, aux côtés de notre future Présidente de région, une capacité d’agir pour le vrai changement. Je vous reparle de ce nouveau challenge très vite…

 

 

 

  • Mina Claude
    14 décembre 2015 at 20 h 12 min

    Bonsoir,
    J’ai lu attentivement votre propos et l’analyse que vous avez faite au sujet du recul en voix du Front National dans le seul 91.
    Je souhaiterais vous apporter un fait démontrant que les électeurs du F.N. du premier tour n’ont pas abandonné leur choix du premier tour. Je connais autour de moi des électeurs qui se prononcent toujours pour le F.N au premier tour. Cette fois, au deuxième tour, ils ont considéré que ce parti n’avait aucune chance de passer et, étant de « droite » et voulant « nettoyer » le P.S., ils ont choisi la liste « les Républicains ». Ils me disaient que le F.N. est à la droite de la droite. Bien sûr, ils auraient préféré le voir gagner. Pour ma part, je n’ai jamais cru qu’un électeur pouvait radicalement changer d’idées en 7 jours car la motivation d’un vote est ancrée dans l’esprit depuis très longtemps. Donc, ne vous réjouissez pas de la diminution du nombre de voix car le fait de marteler PAR LA PEUR qu’il ne faut pas voter pour tel ou tel parti soit disant DANGEREUX.
    À cette élection, le recule en voix de la gauche n’est pas dû à quelconque dangerosité mais à l’absence de résultats en regard des promesses électorales passées. Ceci d’ailleurs est valable pour TOUS les partis politiques quels que soient leurs bords. C’est pour cela qu’il y a alternance. Voir le « MOI PRÉSIDENT…. MOI PRÉSIDENT….  »
    Cordialement