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La laïcité et un « Education Act » : des remparts contre la terreur islamiste !

educationMa mémoire restera à jamais marquée par les attentats abjectes et sanglants que nous venons de vivre. Malgré les précédents sordides qui avaient déjà endeuillé notre pays, je n’imaginais pas, avant ces 7, 8 et 9 janvier, qu’une telle barbarie moyenâgeuse puisse frapper de plein fouet notre société et faire vaciller notre République.  Après l’effroi, la douleur, la peine, voire la colère qui nous ont animés ces derniers jours,  il est de notre responsabilité de nous ressaisir, de réfléchir collectivement aux causes de cette funeste semaine et de trouver des réponses adaptées pour combattre ce terrorisme désormais endogène.

 

Nous devons tous avoir cette prise de conscience, et je suis déterminé à y prendre toute ma part en tant qu’élu et citoyen. Ce combat contre le fondamentalisme islamiste sera long, mais il n’est pas perdu d’avance comme certains défaitistes semblent le professer au nom d’une guerre de civilisation qui serait inévitable.

Oui nous sommes en guerre, mais nous ne le sommes pas contre l’immense majorité de nos amis musulmans qui sont également les victimes de cette « peste verte ». Nous sommes en guerre contre celles et ceux qui haïssent les valeurs de notre pays, qui veulent les détruire et imposer un chaos mortifère en assassinant notamment lâchement des dessinateurs, des journalistes, des policiers, des Français juifs… !

Au delà du renforcement des mesures de sécurité et des réponses tant législatives que judiciaires qui seront apportées, il est plus que nécessaire de refaire de l’éducation et de la laïcité les pierres angulaires de notre modèle républicain. S’il n’est évidemment pas question de les substituer au cercle familial dont le rôle doit éminemment demeurer prédominant et qui doit prendre également ses responsabilités, l’Education Nationale et la communauté éducative dans son ensemble doivent disposer de ressources, humaines et financières, suffisantes leur permettant de mettre en œuvre des actions promouvant l’instruction certes, mais également la tolérance, le vivre ensemble et le respect de nos valeurs républicaines et laïques.

Convaincu, comme l’avait affirmé Nelson Mandela, que « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde », je considère que nous avons aujourd’hui bien plus besoin d’un « Education Act » que d’un « Patriot Act » pour contrecarrer les desseins criminels des extrémistes qui ont décidé d’abattre notre démocratie.

Sans vouloir ouvrir de polémique, je constate ainsi amèrement que nous sommes loin, très loin même, des 60 000 créations de postes promises dans l’Éducation Nationale par le président de la République. Contrairement aux chiffres diffusés dernièrement qui intègrent les stagiaires, il n’a eu en réalité que 3 856 nouveaux professeurs titulaires devant les élèves depuis 2012 dans l’enseignement public… C’est assurément trop peu lorsqu’on sait que certaines classes situées dans des quartiers défavorisés risquent tous les ans de disparaître en raison d’un manque d’enseignants. Je sais de quoi je parle car, en tant que maire de banlieue, je dois me battre au quotidien pour préserver les moyens de l’Éducation Nationale dans ma commune alors que depuis l’avènement de la gauche au pouvoir en 2012, nous sommes réputés être dans le quinquennat de « la priorité à la Jeunesse » et de « la refondation de l’école de la République ».

Par ailleurs, je ne partage absolument pas la position de la Ministre de l’Éducation d’autoriser les femmes voilées à participer aux sorties scolaires. S’il ne s’agit pas d’interdire à quelqu’un de pratiquer comme il l’entend sa religion, j’estime en revanche que le milieu scolaire est un cadre qui doit être particulièrement préservé. Ne soyons pas là également naïfs. Symbole de l’intégrisme islamiste et de la domination de l’homme sur la femme, le voile représente aujourd’hui l’étendard d’une idéologie obscurantiste. Derrière lui se cache des fondamentalistes dont la vision est de nous faire courber l’échine et accepter leurs oukases. Or, je soutiens que durant ces sorties, les accompagnatrices se trouvent de facto temporairement dans le rôle d’un agent de l’Etat, et qu’à ce titre, elles doivent observer une neutralité religieuse totale.

Il est également plus que temps de réaffirmer clairement que l’ordre républicain et le principe de laïcité s’imposent à tous et doivent prévaloir dans toute situation sur le territoire national. Depuis trop longtemps, certains responsables politiques, véritables apprentis-sorciers d’un relativisme culturel de complaisance, capitulent face aux revendications communautaristes d’une partie de notre population. Depuis trop longtemps, ils renoncent à défendre les principes qui fondent notre République et encouragent, à travers une compromission coupable, la ghettoïsation sociale, culturelle et ethnique de leurs quartiers à des fins purement électoralistes.

Le terrorisme islamiste vient de nous rappeler avec horreur qu’il n’hésitera pas à nous attaquer à chaque fois qu’il le pourra. Malgré nos sensibilités différentes, faisons bloc avec une unité nationale sans faille et montrons-lui que notre République demeure plus forte que ses velléités meurtrières !

  • Vincent Dugauguez
    16 janvier 2015 at 20 h 36 min

    Très bonne idée, et d’accord pour accentuer nos efforts pour l’éducation et il faut aider nos professeurs dans leur travail.
    Plus philosophique mais je vous invite à lire: http://blog.oratoiredulouvre.fr/2014/10/tres-profonde-lettre-ouverte-au-monde-musulman-du-philosophe-musulman-abdennour-bidar/