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Insupportable !

chemetovOn m’a signalé que Paul Chemetov avait encore (!) trouvé le moyen de faire parler de lui, cette fois sur les ondes de France Info (podcast à écouter ci-dessous), et tenté une nouvelle fois de me faire passer pour le méchant maire qui chasse les habitants de chez eux contre leur volonté, en usant de moyens inqualifiables, puisque je leur aurais, selon lui, coupé le chauffage pour les faire partir plus vite ! Ces allégations sont évidemment fausses, c’est pourquoi je souhaite user de mon droit de réponse auprès de la station radio et me réserve le droit d’attaquer l’auteur de ces propos en justice pour diffamation.

Qui sont, d’abord, ces familles que l’architecte voudrait faire passer pour un village d’irréductibles Gaulois qui s’élève contre la toute puissance publique et subit ses attaques ? Il reste à ce jour, pour être précis, 7 ménages sur les 80 logements que comptait l’immeuble. Tous ont bénéficié ou bénéficient, depuis plusieurs mois, d’un accompagnement mis en œuvre par la Ville dans le cadre de leur relogement. Un accompagnement « psychologique », avec le travail de mémoire que nous avons entrepris et auquel nous les avons associés, mais aussi un accompagnement social, avec la résolution de cas parfois très difficiles, des décohabitations familiales (c’est-à-dire plusieurs ménages vivant dans un même appartement à reloger), des exigences reposant sur des critères bien spécifiques de localisation ou de typologie de logement, que nous avons pour la plupart satisfaites, des voisins qui souhaitaient le rester et à qui nous avons également donné satisfaction, des dettes locatives à la résorption desquelles nous avons accompagné, condition sine qua non pour pouvoir envisager un relogement…

Sur les 7 ménages restants, tous, sauf un qui n’en a eu qu’une (celui-ci demandait jusqu’à présent un relogement hors département) ont reçu à l’heure actuelle de 3 à 9 propositions de relogement ! Qu’on ne me dise pas, donc, que la Ville ne se plie pas en quatre pour  trouver des solutions humaines, financières, matérielles adéquates aux problématiques de ces derniers.

En ce qui concerne plus précisément la question du chauffage qui leur aurait été coupé, vous comprendrez bien qu’à l’heure où l’on parle d’économies il n’était pas envisageable de continuer à chauffer un immeuble vide. C’est pourquoi le chauffage urbain a effectivement été coupé, en compensation de quoi nous avons installé des convecteurs adaptés dans chaque pièce des logements encore occupés. Et à ce que je sache, aucun d’entre eux ne s’est plaint pour le moment d’avoir froid !

Quant à l’argument selon lequel notre pays, notre région, sont confrontés à une pénurie de logements et de logements sociaux, alors que nous allons en détruire 80, qu’on veuille bien plutôt les mettre en perspective avec les 850 logements prévus en face sur la ZAC Canal Europe. Des logements nouveaux qui ne pourront être construits sur l’emprise de l’hôpital Louise Michel que lorsque l’Etat aura débloqué l’épineuse question du prix de cession des terrains… terrains qui, je le rappelle, ont été cédés à l’époque par le Syndicat Communautaire d’Aménagement (SCA), l’ancêtre du SAN et de la Communauté d’Agglomération d’Evry, à l’euro symbolique pour y bâtir Louise Michel mais qu’aujourd’hui l’Etat, après avoir imposé la fermeture d’un hôpital qui n’était pas encore amorti et qui faisait vivre le quartier, prétend nous céder pour 12 millions d’euros !

Répondant à la suggestion de certains habitants, je me réserve enfin la possibilité de proposer, dans les jours qui viennent, une pétition que nous ferons signer aux habitants pour démontrer à la presse que l’avis de 3000 ou 4000 Courcouronnais qui souhaitent voir cet immeuble démoli vaut peut-être plus que la pétition de 25 architectes déconnectés de la réalité du terrain et de la réalité sociale d’une ville où ils ne vivent pas et qu’ils ne connaissent pas !

  • Beaudet
    14 décembre 2012 at 9 h 55 min

    Je viens, à l’instant, de passer sur LCI dans le cadre d’un reportage sur « voisins malins », expérience d’économie sociale et solidaire exemplaire incubée à Courcouronnes et dorénavant fortement demandée par de nombreuses collectivités. Quelqu’un peut dire à monsieur Chemetov de regarder la télé, à défaut de connaître la réalité socio-politique de notre commune ?
    On vous met rapidement le podcast en ligne ; hein Cécile Besnard ?…

  • emmanuel
    14 décembre 2012 at 11 h 03 min

    ça c’est bien envoyé.
    D’autant plus que les architectes se fichent bien de défendre l’intérêt des habitants : ils ne sont motivés que par le leur qui est de garder une trace de leurs œuvres et d’éviter que quiconque ne vienne en modifier la création. Jean Nouvel avait interdit l’usage de rideaux aux fenêtres par les habitants d’un immeuble new yorkais qu’il avait réalisé !
    Ensuite, tous les arguments fallacieux sont utilisés pour trouver une justification morale à la maximisation de leur égo.

  • Berman
    14 décembre 2012 at 22 h 06 min

    Ah, si les architectes pouvaient habiter dans les immeubles qu’ils font construire…
    En tout cas, silence radio (et télé ) sur l’insalubrité de certains appartements humides et moisis…mal isolés de surcroît
    Mr Chemetov n’avait en tout cas pas pensé à l’accessibilité PMR

    Quant à la beauté de l’immeuble, elle me semble contestable, mais tous les goûts sont dans la nature.