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Fermeture de Louise Michel : une page se tourne

Voilà, nous y sommes. L’hôpital Louise Michel, orné depuis quelques jours d’une banderole « Hôpital fermé » verra dans quelques jours s’achever le transfert de toutes ses activités vers le site unique du nouveau Centre Hospitalier du Sud-Francilien à Corbeil.

J’ai, en observant ce spectacle, le sentiment qu’une page se tourne définitivement, une page de l’histoire de cette ville et de ce quartier où j’ai grandi et qui a vu, en 1978, émerger au milieu des champs de maïs ce géant de dix étages, avant même que ne soit bâti tout autour le quartier du Canal. J’éprouve, dans le même temps, un immense sentiment de gâchis.

Je ne reviendrai pas sur les raisons qui ont présidé au départ de notre jeune hôpital (inauguré en février 1983, il était encore tout à fait opérationnel et n’aura même pas eu le temps d’être « rentabilisé » !), sur la décision de la fusion, sur le choix du site unique, sur le choix du montage juridique et financier pour la construction et l’exploitation de l’hôpital géant, sur les innombrables malfaçons et les retards accumulés qui n’ont fait que retarder le déménagement, pesant lourdement sur l’activité des services municipaux… Je n’y reviendrai pas, je me suis assez longuement exprimé sur le sujet et n’ai jamais fait mystère de mon combat à l’encontre des décisions prises.

Mais il ne nous faut pas céder à la nostalgie. Ma responsabilité, en tant que maire, est d’administrer au jour le jour cette commune et de préparer son avenir.

A compter de ce lundi, donc, l’hôpital Louise Michel ne sera plus. Soit. Pour autant, les bâtiments, les installations techniques, les logements de fonction, les parkings et autres dépendances, eux, restent, et semblent appelés à rester encore un bon moment avant que voie le jour le futur éco-quartier qui, au terme du processus de rénovation urbaine que nous avons engagé avec l’ensemble de nos partenaires, achèvera de faire du quartier du Canal un espace urbain de qualité avec une mixité sociale retrouvée.

Un bon moment, dis-je, car tant que nous ne maîtrisons pas le foncier de Louise Michel, autrement dit tant que la Communauté d’Agglo n’aura pas racheté les terrains, il nous sera impossible d’engager la construction du futur écoquartier.

Or les pouvoirs publics, après nous avoir imposé la fermeture d’un service public essentiel, prétendent aujourd’hui nous vendre le site de Louise Michel au prix, tenez-vous bien, de 8 millions d’euros… Totalement scandaleux !

Par la même occasion, d’ailleurs, l’Etat retarde l’arrivée de plusieurs centaines de nouveaux foyers fiscaux alors qu’il s’agit du seul levier structurel à notre disposition pour engager le désendettement de la Ville après plusieurs années d’investissements massifs dans le cadre du Projet de Rénovation Urbaine du Canal.

J’ai donc encore récemment invité les équipes du CHSF et de l’Agence Régionale de Santé, ainsi que celles de la Communauté d’Agglomération et de ses éventuels partenaires, à accélérer le calendrier de négociation foncière qui ne peut décemment plus accumuler de nouveaux retards.

Par ailleurs, la fermeture du site de Louise Michel n’est pas sans soulever d’autres problématiques, notamment en termes de sécurité.

En effet la commune de Courcouronnes abritera, de fait, une gigantesque friche de plusieurs hectares au centre de l’agglomération Evry Centre Essonne, et au cœur d’un quartier entièrement classé « Zone Urbaine Sensible ».

Or il est tout à fait hors de question pour la Ville, comme pour les habitants, que cette friche permette d’éventuelles installations illicites de gens du voyages ou de roms, ou devienne encore le théâtre de violences ou trafics en tous genres, comme nous l’avons connu il y a une décennie, voire plus récemment à proximité.

Aussi, je ne saurais me contenter de la présence de quelques maîtres-chiens pendant quelques mois pour sécuriser l’ex-site de l’hôpital et j’attends que des mesures fortes soient mises en œuvre pour assurer la tranquillité publique des habitants du Canal… et ce jusqu’à reconversion du site !

C’est pourquoi je sollicite la création d’une « cellule sécurité Louise Michel » qui, sous l’autorité de Monsieur le Préfet, devra réunir dès le mois d’avril l’ensemble des acteurs de la sécurité du territoire.

J’invite enfin mes interlocuteurs à tenir compte du coût non négligeable de la prise en charge, par le propriétaire actuel qu’est le CHSF, des travaux de sécurisation durables et efficaces à réaliser sur l’ensemble du périmètre du site hospitalier. En espérant que cette contrainte financière convaincra le CHSF et son autorité de tutelle à revoir à la baisse leurs prétentions dans le cadre de nos négociations pour la reprise du foncier.

Affaire à suivre, donc…