Actualité Billet d'humeur Courcouronnes

Européennes : une claque pour la République !

Drapeau européenC’est une élection au goût particulièrement amer qui laissera des traces profondes dans la vie politique française. En arrivant pour la première fois en tête, au niveau national, d’une élection avec un score record, 25 % des suffrages exprimés, le FN a infligé une véritable humiliation aux valeurs de notre République.

Si localement, à Courcouronnes, nous sommes arrivés à limiter quelque peu l’hémorragie en plaçant la liste UMP en tête (20,31%) devant celle du PS (17,92 %) et du FN dont le score (16,65 %) est de plus de 8 points inférieur à celui réalisé au plan national, nous pouvons constater des résultats bien plus inquiétants dans les autres communes de notre Agglomération. Le FN arrive en effet en tête, avec un score supérieur à son niveau national, dans les villes de Bondoufle, Lisses, Ris-Orangis et Villabé. À l’échelle de la 1ère circonscription enfin, l’analyse montre que la commune où l’UMP réalise son meilleur score (ou plutôt son moins mauvais…) est Courcouronnes.
Voir sur ma commune le FN n’arriver qu’en troisième position derrière l’UMP et le PS n’est donc pas anodin et, sans vouloir donner de leçon à quiconque, me conforte dans le fait de penser que l’action militante (car à Courcouronnes il y a eu une campagne de boîtage et d’affichage) a encore un sens pour nos adhérents et un impact chez nos électeurs.

Dimanche, des millions de Français ont en effet porté leur choix sur le parti de tous les excès et de toutes les peurs dont le président d’honneur, qui n’est plus à une infamie près, affirmait il y a encore quelques jours que le virus Ébola pouvait régler les problèmes d’immigration en France !

Le vote FN est aujourd’hui bien plus qu’une simple expression de protestation. En  remportant 5 circonscriptions européennes sur 8 avec plus de 4 000 000 de suffrages en sa faveur (contre environ 1 100 000 en 2009), ce parti montre qu’il fédère une adhésion de plus en plus large autour d’une véritable et redoutable stratégie de communication de long cours, mais également d’un discours au moins suffisamment caricaturé pour être compris et capté du plus grand nombre.

Bien que souvent démagogique et populiste, il séduit les victimes de la crise et tous ceux qui se sentent abandonnés par une élite politique cloitrée dans sa tour d’ivoire, une élite qui, à force de porter sur ses épaules trop frêles sa culture du« droit de l’hommisme », préfère taire des sujets, enterrer des débats, que d’affronter les difficultés d’un pays qui perd ses identités. Ça se paie cher…

Certes le rejet d’un projet européen incompréhensible pour la majorité des électeurs et très mal défendu par les partis pro-européens associé à un mode de scrutin qui avantage traditionnellement les votes extrêmes expliquent en partie ce résultat.
Mais cessons de nier la réalité : il sanctionne d’abord et avant tout l’échec patent du gouvernement socialiste, dont le Président Hollande est le premier responsable, à l’image de cette déclaration télévisée d’hier soir d’un vide sidéral, lunaire, où le seul message qui valait était « tout doit changer donc rien ne change ». Merci d’être venu pour cela !

Il sanctionne ensuite l’absence d’une offre alternative crédible de l’UMP qui, contrairement au Président de la République, semble depuis ce matin prendre la mesure des changements à opérer pour cesser les pratiques du passé et tracer un avenir pour nos militants totalement déboussolés. J’y reviendrai plus longuement mais je ne peux que me réjouir de la démission de J-F Copé et de la perspective d’un Congrès anticipé en octobre prochain.

Définitivement, les électeurs ne souscrivent plus aux propositions des partis traditionnels dits de gouvernement. Ils ne leur font plus confiance et celles et ceux qui, tant à droite qu’à gauche, tentent encore maladroitement et désespérément de minimiser ce triste état de fait, voire de le contester, en gémissant leurs indignations surjouées sur les plateaux télés, ne font que le renforcer.

La France est malade, gravement malade ! Une nouvelle ambition républicaine correspondant aux aspirations des Français doit désormais émerger si nous ne voulons pas voir les valeurs de notre Nation s’enfoncer irrémédiablement dans un cul-de-sac, à terme mortifère ! Nos enfants ne méritent pas ça ! Les républicains de tous bords non plus ! Le temps presse car 2017, c’est déjà demain !

  • Chef de projet smo Paris
    4 juin 2014 at 0 h 29 min

    J’adore tes articles, un petit mot pour t’encourager à continuer