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Ecole obligatoire jusqu’à 18 ans… ma réponse à Najat Vallaud-Belkacem

Des petites phrases insidieusement postées sur les réseaux sociaux font parfois plus de bruit que de grands discours. « Pour aller plus loin sur l’éducation, je proposerai d’étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans » : le récent tweet de la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem en est le parfait exemple, avec toute la vacuité qu’il véhicule et l’absence totale d’une prise en compte des réalités.

Je veux croire qu’une telle mesure ne saurait être motivée que par les seuls soucis d’un affichage politique ou d’apaisement de relations ministérielles internes, mises à mal depuis la réforme du collège, à défaut d’être frappée du bon sens que nous pourrions attendre des dirigeants politiques en place.

Immanquablement, une telle mesure conduirait à contraindre des jeunes en difficulté, voire en situation de décrochage scolaire, à poursuivre – de force – une scolarité qui ne leur convient pas, à s’ennuyer sur les bancs de l’école, retardant leur entrée dans la vie active.

Le renforcement de l’éducation dans les classes élémentaires, comme le propose Bruno Le Maire, semblerait autrement plus pertinent quand on sait que plus de 20% des élèves de CM2 ne maîtrisent pas les compétences en langue française et 30% ne maitrisent pas les compétences en mathématiques. Les chiffres sont éloquents : 15 % des élèves en grande difficulté au collège l’étaient déjà en CP, ce qui conduit 20% des élèves à sortir du collège sans diplôme et grossir les rangs des chômeurs de demain.

Au delà de l’hérésie de cette proposition -qui a le mérite, je le concède aux socialistes, d’être conforme à l’égalitarisme à tout crin de leurs mesures d’éducation- celle-ci confine au dédain et au mépris de ceux pour qui le système scolaire classique ne serait pas la réponse adaptée.

Qu’adviendrait-il des formations qualifiantes comme le BEP, le CAP, les contrats d’apprentissage permettant une entrée dans la vie active bien avant la majorité ?

Les élèves prêts à quitter l’école avant 18 ans ne sont pas seulement artisans ou apprentis, pas davantage qu’ils ne sont décrocheurs ou en rébellion contre le système scolaire, ils peuvent aussi être bacheliers. Alors certes les bacheliers de moins de 16 ans ne sont pas les plus nombreux, mais pour un élève ayant suivi un cycle scolaire sans entrave, obtenir son bac à 17 ans est courant.

Alors que l’on manque d’enseignants, que les classes sont surchargées, les programmes en chantiers, peu ou pas adaptées, le gouvernement entend soumettre la remobilisation à la contrainte davantage qu’à l’accompagnement des élèves ou une réflexion de fond sur des mécanismes efficients de raccrochage scolaire.

Eu égard à l’évolution de la société, ce qui était défendable il y a trente ans ne l’est plus aujourd’hui. Lorsque l’on sait qu’un tiers des jeunes actifs français n’a pas de CDI avant l’âge de 30 ans, contre 6% des Danois, que le taux de chômage des moins de 25 ans avoisine les 25%, comment peut-on encore imposer une course aux diplômes et à l’école obligatoire, au détriment de la construction raisonnée d’un véritable projet scolaire ou professionnel adapté à chacun ?