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Contrat présidentiel BLM #Infrastructures

ALSTOM : 3 milliards de bénéfices

SNCF : 44 milliards de dette

FRANCE : 2 170 milliards de dette

Mais le Gouvernement débourse 500 millions d’euros pour des TGV dont la SNCF n’a pas besoin !

J’en prends le pari, ce qui a débuté comme “l’affaire Alstom” se transformera en “scandale Alstom” quand ceux qui en sont à l’origine ne seront plus au pouvoir…une histoire malheureusement, et si terriblement, française !

Voilà donc que pour sauver l’une des 12 implantations d’ALSTOM dans l’Hexagone, le Gouvernement débourse un demi milliard d’euros pour commander, en son nom propre, 15 rames de TGV qui circuleront sur des lignes qui ne seront pas des LGV.
Tout cela pour sauver le plan de charge d’une usine de locomotives, certes le berceau historique du groupe, pour les 18 mois prochains mois alors que la durée de vie d’une rame de train oscille entre 30 et 40 ans. Ou comment la tyrannie de l’instantanéité vient à nouveau plomber les comptes publics de notre pays. Je ne supporte plus cette façon de faire, d’abord en tant que citoyen, ensuite comme Vice Président d’une région qui quémande depuis des mois auprès du Gouvernement une rallonge budgétaire pour la régénération du réseau ferré francilien.

Je ne vais pas entrer ici dans les détails techniques et financiers témoignant de l’absurdité de cette décision gouvernementale qui me choque à plusieurs titres.

Au vu des échéances à venir, essayons plutôt de regarder vers l’avenir pour qu’enfin notre pays soit gouverné autrement et sérieusement. Vous le savez, je soutiens Bruno Le Maire pour les Primaires de la Droite et du Centre des 20 et 27 novembre prochains.

Dans le cadre de mon rôle de directeur de campagne régional pour l’Ile de France, je me fais un devoir de promouvoir le contenu des 1 000 pages du Contrat Présidentiel. Je commence aujourd’hui, à travers les 15 pages consacrées aux “Infrastructures” dont 4 plus spécifiquement dédiées à la problématique des transports en Ile de France.

Le diagnostic est d’abord lucidement posé : tous les Présidents de la Vème République depuis les années 70 annoncent, lancent et/ou inaugurent des lignes de TGV. C’est un peu comme pour les musées, chacun veut le sien pour la postérité !

En 2011, un Schéma National d’Infrastructures de Transport, compilant 245 milliards d’euros d’investissement à horizon 30 ans, a même été soutenu par le Gouvernement de l’époque. De 2012 à 2014, François HOLLANDE a d’abord eu de louables intentions en hiérarchisant ce schéma à travers le rapport Mobilité 21 de la Commission Duron puis en faisant voter la loi “portant réforme ferroviaire”… puis patratras, le Président a continué d’annoncer des LGV qui n’ont aucune rentabilité (Poitiers-Limoges) et a flingué en juin dernier les efforts de compétitivité portés par la direction de la SNCF à l’occasion des mouvement sociaux sur la loi Travail.

Promesse avait alors été faite de venir soulager le fardeau de la SNCF (44 milliards de dette qui ne sont rien d’autre que l’accumulation de compromissions avec les syndicats, de clientélisme électoral et d’absence de vision stratégique sur le train en France et donc la filière ferroviaire), et là encore que nenni… Le Gouvernement a discrètement indiqué qu’il ne ferait aucun geste sur la dette de la SNCF et aujourd’hui il lui achète des trains dont elle n’a jamais voulu !

Dans la vraie vie ça pourrait donner ça : vous êtes déjà endetté sur 20 ans pour l’achat de votre maison mais comme votre banquier a pitié du vendeur de fenêtres dont il est actionnaire, il vous “offre” quand même des fenêtres neuves alors que vous n’en avez pas besoin.

Une fois le “cadeau” reçu, la question est maintenant la suivante : qu’allez vous faire de ces fenêtres neuves? Vous avez le choix entre remplacer vos fenêtres pourtant récentes ou percer de nouvelles ouvertures dans votre maison… Mais, dans tous les cas, la pose c’est pour votre pomme ! Et à la fin, soyez en sûr, votre banquier vous refacturera d’une façon ou d’une autre son “cadeau”, mais plus tard quand ça ne se verra pas…

 A la SNCF, c’est pareil : ils vont recevoir des trains sur-performants par rapport aux lignes où ils circuleront mais, surtout, vont se goinfrer les coûts d’amortissement et d’exploitation des nouveaux TGV, forcément bien plus élevés que des trains classiques. Et ce alors que nos gouvernants déclament depuis des années la fin du “tout TGV” qui a tant plombé les comptes de la SNCF, c’est à dire les nôtres, et qui a ôté tant de moyens pour les trains du quotidien, ce que notamment les Franciliens subissent chaque jour !

Alors que propose le Contrat Présidentiel de Bruno Le Maire pour mettre fin à ces lâchetés insoutenables?

  • Reconnaître d’abord que “l’impact sur la compétitivité est le critère qui doit prioritairement guider les choix d’investissement”, ce qui induira une priorisation assumée des projets dans une “programmation 2017-2022 crédible des investissements de l’Etat dans les infrastructures de transport”.

Concrètement, c’est avoir le courage d’annoncer à des élus locaux et à des territoires qu’ils n’auront jamais de LGV… Croyez-moi, c’est un renversement de paradigme sans précédent dans beaucoup de régions françaises mais aussi en Ile de France où je ne cesse depuis des mois de convaincre tous ceux qui pensent que le doublement du tunnel Châtelet/Gare du Nord serait la solution miracle aux problèmes des RER B et D… Seulement, juste, ça ne se fera pas et l’utilité d’aller dépenser 2 milliards pour le creuser n’est plus démontrée grâce aux avancées technologiques que l’on va déployer d’ici 2025 pour exploiter le tunnel existant à son optimum.

  • Réhabiliter la route

Nous venons de le faire en Ile de France, et je suis convaincu que c’est encore plus vrai et nécessaire dans nos régions où la densité faible à moyenne de population ne permettra jamais de rencontrer le fameux critère de compétitivité dont je viens de parler.

Les nouveaux usages de la route vont très vite venir concurrencer de plus en plus fortement les coûts des systèmes de transports ferrés collectifs.

Et puis réhabiliter la route ce n’est pas réhabiliter l’usage du véhicule individuel thermique, c’est promouvoir la transition énergétique vers la propulsion hybride puis 100% électrique…parcourir les allées du Mondial de l’Automobile en ce moment est à ce titre un passionnant exercice d’anticipation comme je les aime. Et y voir de plus en plus les societés d’autoroute, les sociétés d’autopartage et demain je l’espère les sociétés de travaux publics qui réinventent aussi “l’objet route”, occuper des stands au Mondial me fait dire que la fameuse “convergence” est à l’oeuvre dans l’automobile, comme on l’a constaté ces derniers années dans les télécoms.

  • Adapter la taille du réseau ferré

La boucle est bouclée avec les deux items précédents, c’en est même la conséquence logique et rationnelle mais politiquement la plus courageuse du chapitre Transports du programme de Bruno Le Maire.
Et je tiens ici d’autant plus à le souligner que dans notre pays, en matière d’aménagement du territoire, la politique avec un petit p consiste très souvent à opposer Paris et la Province.

Pour la première fois, nous avons avec Bruno un candidat à la Présidentielle, élu dans un territoire à dominante rurale, qui s’engage sur une réallocation des moyens en faveur de l’Ile de France : “nous donnerons la priorité absolue à l’entretien, à la maintenance et à la modernisation du réseau ferroviaire en Ile de France, en réallouant notamment les économies générées par la reconfiguration des petites lignes les moins fréquentées sur l’entretien et la maintenance du réseau francilien”.

Voilà la politique comme je la conçois, partir des réalités, cesser de vendre du rêve et proposer un chemin d’avenir qui se fondant sur l’intérêt général et rien d’autre : considérant la situation de nos comptes publics, et si nous ne voulons pas un nouveau Brétigny, il faut mettre le paquet sur la régénération du réseau, a fortiori là où il est l’un des plus plus sollicités au monde c’est à dire en Ile de France.

Bruno Le Maire utilise souvent le mot “espoir” pour caractériser sa candidature aux Primaires. Ce mot est particulièrement bien choisi, d’abord parce qu’il l’incarne à travers son volontarisme et sa foi dans la culture française, mais aussi parce que c’est notre devoir dans le contexte actuel fait de déclinisme et de repli identitaire.

Devions-nous forcément apporter de l’espoir aux salariés d’ALSTOM Belfort par l’utilisation de la vieille methode du chèque en blanc?

– L’espoir eut été d’abord d’anticiper la fonte des plans de charge de toutes les usines ferroviaires de France, pas seulement à Belfort…

– L’espoir eut été ensuite d’accompagner les salariés de ce groupe comme des autres du secteur afin que la rationalisation de la carte de leurs implantations industrielles ne soit pas forcément signe d’échec ou de renoncement. Renault a survécu à la fermeture de Boulogne Billancourt, son fief historique, et Peugeot a su redevenir bénéficiaire sans sacrifier Sochaux tout en reclassant le mieux possible les salariés d’Aulnay !

– L’espoir doit aussi concerner ceux que l’on ne voit jamais dans les médias, les petits patrons et les salariés des PME et TPE sous-traitantes de ces grands groupes qui sont trop souvent ignorés en pareil cas.

– L’espoir c’est enfin, demain, de faire rimer mobilité avec ascenseur social. Les Français sont notoirement connus en Europe pour être parmi les moins mobiles, la rigidité du marché du travail, la cherté du logement et le chômage de masse en étant des facteurs importants.

Pourquoi n’y a-t’il qu’en France qu’un Gouvernement dépense 500 millions d’euros pour empêcher une rationalisation industrielle prévoyant le déplacement de 400 salariés de Belfort à Reichshoffen soit 199,5km?

Il est vraiment temps de faire la politique autrement pour redonner un espoir aux Français.