Actualité AMIF Billet d'humeur Courcouronnes

Au nom des Maires !

Vous connaissez mon appétence à défendre les élus locaux ! Moi-même maire depuis maintenant 14 ans et devenu en octobre dernier leur premier représentant en Ile-de-France au sein de l’AMIF, je ne manque jamais l’occasion de saluer l’investissement quotidien dans leur charge élective de ces femmes et ces hommes qui constituent l’une des dernières digues face à la crise, à la misère et au sentiment de déclassement social, professionnel mais aussi humain d’une partie grandissante de nos concitoyens !

À l’invitation de Jean-Paul Delevoye, président du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), j’ai assisté en mars dernier à l’avant première du documentaire « Vie de Maire » réalisé par Pascal Carcanade. Complété par un numéro unique d’Édiles, ce film remarquable (les 2 supports sont disponibles via viedemaire.fr) présente avec authenticité le quotidien d’élus de petites et moyennes communes qui, contre vents et marées, exercent consciencieusement leurs missions de proximité au service de leurs administrés, et donnent au mandat municipal toutes ses lettres de noblesse.
Si les Français se montrent particulièrement attachés à leur commune et conservent majoritairement aujourd’hui une bonne image de leur maire (61 % des Français en sont satisfaits), l’échelon communal ne semble pas échapper au contexte ambiant de désaffection à l’égard de la représentation démocratique. Malgré leur statut particulier et une confiance envers eux encore significativement meilleure que celle envers les représentants nationaux, ces chiffres sont tendanciellement en baisse et on observe une progression constante de l’abstention depuis les élections municipales de 1983 qui a atteint en 2008 plus d’un tiers de l’électorat.

Pourtant, les maires font preuve d’un courage, d’une abnégation et d’un dévouement exemplaires. On l’oublie d’abord trop souvent, mais les élus locaux, maires y compris, sont des bénévoles qui ne perçoivent qu’une indemnité de mandat proportionnelle à la taille de leur commune qui dans 92 % des cas possède moins de 3500 habitants. Ainsi près de 20 000 maires sur 36 681 ne perçoivent que 646,25 € bruts mensuels (assujettis aux cotisations sociales) alors que leurs responsabilités n’ont cessé d’augmenter au cours des dernières années et qu’ils doivent concilier, 60 à 70h par semaine, leur mandat électif local avec une activité professionnelle. En outre, contrairement à ce que le miroir déformant des médias véhicule trop souvent, très peu cumulent leur fonction locale avec un mandat national. Ainsi, moins de 0,001 % des 524 289 conseillers municipaux sont député ou sénateur…
Il existe également un vieux poncif auquel il faut définitivement tordre le cou. Au-delà de quelques affaires retentissantes de malversations qui défraient la chronique judiciaire, et pour lesquelles la justice doit être intransigeante, 938 élus locaux ont été inquiétés pénalement entre 2008 et 2014. Et dans 41 % des cas, ils ont bénéficié d’un non-lieu ou d’une relaxe. Cela représente 0,018 % d’élus condamnés par an. On est donc loin, très loin même, du « tous pourris » proféré malhonnêtement par certains antirépublicains à longueur de journée. À titre de comparaison quand même, près de 1,3 % d’adultes en France ont été condamnés par an durant la même période… Soit 72 fois plus !

Face aux bouleversements institutionnels et aux transformations territoriales auxquels nous devons faire face, nous demeurons les couteaux suisses de la politique. Nous devons savoir à la fois gérer notre commune, définir une vision d’avenir, planifier son développement économique tout en préservant son environnement, répondre aux préoccupations de ses habitants et surtout protéger les plus fragiles d’entre eux face aux ravages de la crise économique que nous connaissons. Sacrifiant bien souvent notre vie personnelle et familiale à l’intérêt général, nous concourront inlassablement, pour l’immense majorité d’entre nous, à garantir l’idéal républicain.

Si nul ne conteste la nécessité de revoir notre organisation territoriale et de souscrire à de nouvelles politiques financières, je regrette vivement que l’État ne nous observe ces derniers temps que sous le prisme d’une idéologie purement comptable en estimant que nous serions trop dépensiers. C’est factuellement faux et humainement déconsidérant. Les maires sont avant tout le cœur de la France et les garants, avec lui, de la cohésion nationale !