Actualité Billet d'humeur

Attentat de Charlie Hebdo : vouloir interdire le FN de manifester est une immense connerie !

CHPardon de revenir brutalement à la réalité politique mais, comme à mon habitude, je vais dire ce que je pense !

Vouloir interdire (est-ce possible du reste ?) la présence du ‪‎FN‬ à la marche de dimanche est, à mon modeste sens, une immense connerie, à rebours total, justement, du ‪symbole‬ qui a été frappé mercredi matin !

Nous sommes le pays de la liberté d’expression, non ? C’est bien, sous couvert d’une unité nationale, que je n’espère pas de façade mais sans doute toute aussi éphémère que celle d’un certain et déjà lointain 12 Juillet 1998, et je passe sur les lendemains du 21 avril 2002, que nous sommes collectivement effondrés et, de facto, mobilisés depuis 3 jours ?

Alors cessons d’ergoter sur l’anti-républicanisme du Front National ; qu’on le veuille ou non, ce parti, aussi néfaste soit-il, correspond à plus de 20% de l’électorat actuel et possède, en son sein, des élus issus de l’expression d’une partie du peuple. Lutter contre ses idéologies, sur lesquelles par ailleurs on ne voit pas toujours clair, par l’interdiction d’expression et de représentation, c’est justement faire preuve de schizophrénie et ne rien comprendre aux raisons de sa montée en puissance. C’est enfin parfaitement irresponsable et, d’ores et déjà, une forme de démission inacceptable du volontarisme politique.

Lutter contre le FN, ce doit ce faire sur le terrain politique, sur notre capacité à tenir nos engagements, à redonner confiance aux français, bref, à redevenir collectivement exemplaires, dignes et, surtout, lisibles au point de partager à nouveau un dessein commun loin des ténèbres. Pas sur des interdictions d’expression ou de représentation alors même que l’on prône la liberté. Car dans ce cas, on les légitime davantage et, par facilité, nous engageons sur la pente inexorable de l’échec face à la bête immonde.

Du courage donc. Laissons-les défiler s’ils le souhaitent et affrontons-les par nos actes, notre travail quotidien, nos convictions chevillées au corps.

C’est ça la politique, c’est ça la démocratie.