Actualité Billet d'humeur

Annonces sur les rythmes scolaires : une duperie en 3 actes !

Le nouveau ministre de l’Education Nationale aura au moins conservé une chose des années qu’il a passées en tant que porte-parole du PS : un goût immodéré pour la tromperie !

En effet, alors que la réforme des rythmes scolaires rencontre de plus en plus d’hostilité, il n’a cessé dans un premier temps d’afficher lors de ses prises de parole une volonté assumée d’apaiser, voire de rassurer, ses opposants les plus farouches à travers l’utilisation d’un florilège d’éléments de langage tels que « assouplissement », « aménagement » ou « adaptation ».

Dans un second temps, simulant le dialogue et voulant passionner le débat afin de tester tous azimuts l’opinion publique et tenter d’attendrir les récalcitrants, il a laissé planer le doute sur un éventuel retour à la semaine des 4 jours ou la possibilité d’amputer de 18 jours les congés d’été, par exemple.

Ainsi, tout en permettant à l’intéressé de se désolidariser de la méthode de son prédécesseur jugée, à l’époque, trop brutale, cette stratégie du faux-semblant l’a également dispensé, notamment, de prendre position sur la pérennité des financements pour les communes au delà de 2015 que l’AMF appelle de ses vœux depuis le départ. Sur ce point, en associant cet élément aux 50 milliards d’euros d’économies du Pacte de responsabilité et de solidarité, dont 11 milliards pour les collectivités territoriales, nous assistons ni plus ni moins à une décentralisation massive, et surtout non compensée, de la politique éducative de notre pays. De surcroit, alors que l’Education Nationale demeure l’un des rares ministères protégés des coupes budgétaires avec ses 60 0000 recrutements prévus sur le quinquennat, le Gouvernement n’adresse-t-il pas, là encore, un message totalement illisible pour notre pays ?!

Enfin dans un troisième temps, Benoit Hamon s’est contenté de jeter en pâture deux annonces sur lesquelles nous sommes invités à nous exprimer, à rebondir, voire à nous quereller … Sans être naïf de cette manœuvre dont l’unique but est de calmer les impatients en les incitant à ronger l’os de l’espoir qu’il a volontairement attisé tout en oubliant d’aborder l’essentiel, j’ai néanmoins décidé de réagir.

Le regroupement des activités périscolaires en seul jour (le vendredi après-midi ?), d’une part, permettrait sans doute la réalisation d’économies d’échelle aux communes rurales qui le vivraient alors comme une avancée. Toutefois, que deviendraient les intentions éducatives de départ qui entrevoyaient dans l’organisation des activités la recherche d’une complémentarité entre le temps scolaire et le temps périscolaire (offre d’activité éducative) ? En outre, à l’instar des effets des 35 heures ou dans une moindre mesure celle de l’école le samedi matin, cela ne pourrait-il pas entraîner de potentielles petites déviances sur la présence effective des enfants et une tentation légitime des familles de profiter dès le vendredi après-midi d’un long weekend ?

D’autre part, avec le recul d’une année et nourri par l’expérience, la réduction d’une heure d’école par semaine, passant de 24 à 23 heures, poserait la question cruciale du rythme des enfants, en particulier ceux des écoles maternelles, petite et moyenne section en particulier, pour lesquels et ce n’est pas le cas à Courcouronnes, certains ont déjà fait le choix d’une fin de journée d’école à 15 heures, contraignant les tout petits à sortir de la sieste pour participer manu militari et à moitié endormis aux activités éducatives. Comment serait également abordée la question de la valeur ajoutée au travail des enseignants des activités proposées en périscolaire pour les maternelles, sachant que l’essentiel d’entre elles organisées sur le temps scolaire sont principalement orientées vers le dessin, la musique, le chant et les activités sportives ?

Dans le contexte de résistance qui prévalait en 2013, dès lors qu’il s’agissait d’essuyer le feu de la pratique, à gauche comme à droite, par les spécialistes comme par les enseignants, sur l’idée de modifier en profondeur l’école et ses rythmes, Courcouronnes a fait le choix assumé de l’ambition éducative, préférée à la philippique d’opportunité ou au calcul politique, pour trouver dans cette réforme, les moyens d’améliorer pour sa population scolaire l’accès au savoir et à la découverte. En d’autres termes, notre Ville s’est clairement prononcée en faveur de la prise en compte de la réalité des besoins de notre territoire.

C’est dans ces conditions que certains écueils ont été évités. La concertation avec les ressources du territoire et l’Education Nationale a localement permis : le choix d’horaires identiques en fin de journée plus simple à appréhender pour les familles et leur organisation du lundi au vendredi, le choix de n’expérimenter les TAP que pour les écoles élémentaires, et le maintien de la pause méridienne à 2 heures.

La traduction de cette ambition fut aussi d’expérimenter, en même temps que la mise en œuvre des nouveaux rythmes, une classe d’élèves de moins de – 3 ans visant à favoriser la scolarisation précoce des enfants évoluant dans un contexte socialement fragilisé. Fort de sa réussite, ce dispositif sera d’ailleurs reconduit l’année prochaine en lien avec l’Education Nationale et avec la collaboration des services de la Protection Maternelle et Infantile (PMI).

Faisant fit des atermoiements, et parfois sans attendre le Gouvernement, notre Ville a entrepris de promouvoir  la « persévérance scolaire ». Consciente des problématiques éducatives, scolaires et périscolaires, qui nécessairement se poseront quoi qu’il en soit à elle demain, elle s’est résolument engagée à trouver des réponses dès aujourd’hui à travers l’expérimentation, l’innovation et  le développement de sa capacité à « aller vers »…

Si l’encadrement des activités et la qualité de ces dernières constituent aussi un point de tension pour les communes, Courcouronnes a pour l’heure réussi à l’éviter grâce notamment à la forte implication de la Communauté d’Agglomération, des acteurs locaux et des enseignants.

Sans oublier évidemment l’investissement des animateurs que nous nous attelons à fidéliser depuis de nombreuses années (plan de formation annuel sur 4 ans, incitation à se former et à passer des concours, promotion interne, etc.), et dont je reste convaincu qu’ils détiennent une partie des clés de la réussite opérationnelle de la réforme pour les communes. Même si tout n’est pas parfait, on ne le dit pas assez !

Tous ces éléments de satisfaction ne sauraient pour autant éluder d’autres questions qui se posent notamment telles que le coût pour les communes, l’assouplissement des normes d’encadrement, la  reconnaissance du métier, la professionnalisation, le recrutement et la rémunération des animateurs.

Bien qu’ayant depuis de nombreux mois annoncé le remplacement de Vincent Peillon et le recul du Gouvernement, je suis particulièrement fier d’avoir mené à bien cette réforme et de recevoir par courrier, à la suite du reportage diffusé sur BFM  il y a 15 jours, de nombreux encouragements et surtout des projets émanant d’enseignants du bassin pour renforcer l’offre d’activités éducatives non scolaires dans le cadre de notre Passeport pour la réussite.

  • nvju
    25 mai 2014 at 18 h 19 min

    Deuxième phase de dégradation de la semaine scolaire

    On a fait les rythmes scolaires pour alléger la journée de l’élève.
    On a donc sacrifié la pause en milieu de semaine, le mercredi matin.
    Un an après, on tasse la journée de l’élève. Il n’y a plus classe le mardi après-midi.
    C’est le pousse toi que je m’y mette.

    Inversion des principes:

    Les activités péri-scolaires devaient s’adapter au temps d’apprentissage scolaire, or c’est le temps scolaire qui s’adapte aux activités péri-scolaires.

    Non aux nouveaux rythmes scolaires.
    Retour à la semaine de quatre jours.