Actualité Billet d'humeur

Agression d’un conducteur et incendie d’un bus : des faits gravissimes

Je publiais ici hier soir une note explicative sur les raisons de la grève, dénonçant par là-même des méthodes de voyous.

Ce soir, je suis choqué, outré, scandalisé.

Vers 21h, un bus 402 a été incendié au Coudray-Montceaux.
Avant que la presse ne s’empare de l’info, dans la rubrique « violences urbaines », je veux oser, quand bien même je pourrais être poursuivi, mais avec l’autorisation de la gendarmerie, vous relater les faits. Gravissimes.

L’enquête le confirmera mais, selon les premiers témoignages, celui du conducteur et la vidéosurveillance qui a pu être consultée, 4 jeunes sont arrivés en voiture, sont descendus de la voiture, sont montés dans le bus articulé stationné à David Douillet, et ont tenté de poignardé le conducteur sans autre sommation ! Celui-ci ne doit sa vie sauve qu’à ses stylos accrochés dans sa veste qui ont fait riper la lame !

Les personnes, cagoulées, ont ensuite posé plusieurs bouteilles de gaz dans le bus, l’ont incendié et ont interdit au chauffeur de sortir. Il ne doit son second salut qu’à une personne qui passait par là et l’a aidé à sortir.

Vous l’avez compris, c’est une tentative de meurtre, précise, méticuleuse, un véritable attentat dont les conséquences auraient pu être catastrophiques également pour tout le quartier si ces bouteilles de gaz avaient explosé.

Et pour revenir du site de l’incendie à l’instant, je peux vous dire que le conducteur, certes sauvé, est dans un état de choc que j’ai rarement constaté dans ma vie.

Jusque-là, tout en étant aussi abasourdis que moi, vous devez penser que c’est bien un acte de violence contre le transport public comme il en existe malheureusement d’autres. Je ne le crois pas.

D’abord, parce que nous ne sommes pas, au Coudray, station Douillet, dans un lieu de violence, loin s’en faut.
Egalement parce qu’aucune menace ne plane sur le réseau en ce moment et aucun phénomène de violences urbaines de ce type est à déplorer.
Ensuite, et c’est là que j’ai décidé d’assumer le risque de l’accusation, parce que, la grève s’enlisant, les non grévistes reçoivent depuis trois jours des menaces claires de grévistes, ces derniers indiquant explicitement à l’endroit de celles-et ceux qui veulent juste travailler : « on va passer au plan B ».
Enfin, dernier élément, la victime de ce soir n’est autre que le responsable d’un des trois syndicats refusant la grève, lequel déjà s’est fait caillasser hier soir à Evry et subit des menaces direct depuis longtemps déjà.
230 conducteurs, 100 bus qui circulent, que ça tombe sur lui, je le dis je l’assume, ce ne peut être un hasard.

Le conducteur est actuellement à l’hôpital toujours très choqué.

Transevry, et c’est la mauvaise nouvelle pour les usagers, a décidé ne fermer le réseau demain complètement pour des raisons de sécurité. Je suis solidaire avec cette décision. Si évidemment les usagers n’ont pas à subir les conséquences de ces méfaits, chacun peut comprendre que les conducteurs, qui se font leur religion de cette histoire eux-mêmes, ne peuvent être regroupés demain matin sur le site sans risque de débordements.

J’ai pour ma part demandé au Préfet de faire interdire la manifestation prévue par Sud et indiqué que je refusais d’ores et déjà, tout comme Francis Chouat, de répondre à leur demande de rencontre. Je ne discute plus.

Enfin, alors que j’avais déjà dénoncé les violences et menaces au travail au sein de Transevry l’an passé, montrant ainsi que certains dirigeants syndicaux sont complètement dépassés par leur base, ce qui n’avait d’ailleurs jamais été relayé par la presse à l’époque, j’ai indiqué aux conducteurs présents sur le site avec moi ce soir que l’omerta devait cesser au sein de l’entreprise. Il en va de leur responsabilité, mais aussi dorénavant de leur sécurité.

Que l’on ait des discussions et des désaccords sociaux, c’est le jeu. Que les salariés, qui me demandent d’assurer leur sécurité sur le réseau, soient effectivement en danger à l’intérieur de l’entreprise, c’est insupportable. Mais sans témoignage, sans une prise de conscience collective, on ne pourra socialement pas sauver l’entreprise.

On peut m’attaquer pour dénonciation calomnieuse, je m’en fous j’assume. On m’a souvent dit « on ne peut pas venir travailler la peur au ventre » ; on a lutté contre la délinquance de rue et des transports, on doit le faire aussi en interne !
Je ne lâcherai pas ce combat.

  • DESFRANCOIS STEVEN
    17 novembre 2013 at 14 h 57 min

    C’est inadmissible