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9 mai, Fête de l’Europe

Si je n’ai pas manqué de souligner hier, dans mon discours, que le 8 mai marquait la victoire de la paix et de la réconciliation, le 9 mai, Journée de l’Europe, et ça n’est pas un hasard, en est tout aussi la consécration.

Car la réconciliation et l’amitié sont un privilège, une chance rare donnée aux peuples, français et européens. Elles n’ont pu se faire et durer, même dans les épreuves, que grâce au génie visionnaire et à la volonté d’agir de Jean Monnet et de Robert Schuman ou grâce à la volonté sans faille de Charles de Gaulle et Conrad Adenauer. Voilà ce que nous célébrons aujourd’hui.

Certes, l’Europe a beaucoup évolué depuis sa création. A l’évidence, on ne pourra pas continuer à gouverner une Union de 27 membres comme on le faisait lorsqu’il ne s’agissait que d’une communauté de 6 pays.

« Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise. » (Jean Monnet)

La crise économique, financière, sociale et même politique qui secoue notre continent a malheureusement, comme on vient de le voir en France, pour effet de faire douter de l’adhésion des citoyens au projet européen et d’attiser les tentations de repli populiste et nationaliste. Peu importe que l’Europe nous ait jusqu’à présent relativement protégés des effets de la crise, ils sont déjà insupportables pour ceux qui ont à en souffrir, et l’Europe a vite fait de jouer les boucs-émissaires.

Or donc, le contexte requiert au contraire, de la part de nos dirigeants, une volonté et une ardeur politiques déterminées pour aller de l’avant et redonner à l’Europe les moyens d’assurer sa vraie vocation, à savoir garantir le progrès économique et social de ses concitoyens.

La France, deuxième puissance de la zone euro, porte en ce sens une responsabilité particulière. Le nouveau Président de la République sera jugé sur sa capacité à trouver et mettre en œuvre avec nos partenaires européens les compromis nécessaires pour sauver l’euro et les acquis de soixante ans d’intégration du continent.

Pour notre pays et pour l’Europe, je ne peux que lui souhaiter d’y parvenir.