La presse écrite Région Transports

La voiture individuelle, nouveau mode de transport collectif ?

32525932_10214452635702056_2552192867204333568_n

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour celles et ceux qui s’intéressent aux mobilités de demain, qui sont passionnés par les mutations technologiques et industrielles, un peu de lecture. Je me suis, en effet, longuement exprimé dans les colonnes de « Réalités Industrielles »…  Je vous propose ci-après quelques extraits de mon propos.

La mobilité connaît une mutation profonde. Si au XIXe siècle, le chemin de fer a révolutionné les moyens de transports, diminuant considérablement l’usage de la route et de la voiture individuelle, force est de constater qu’aujourd’hui, la donne a changé.

Le confort, la rapidité et la souplesse d’utilisation, l’autonomie sont quelques unes des caractéristiques faisant préférer à beaucoup de voyageurs l’usage de leur véhicule individuel. L’attachement à la voiture reste fort pour toutes ces raisons et demeure le mode de déplacement prépondérant.

Un modèle en fin de course

Pour autant, il convient de nuancer ce postulat. Quelques signes annonciateurs d’un  nouveau changement sont apparus ces dernières années. Seule la grande couronne enregistre désormais une progression de l’utilisation de la voiture, contrairement à Paris et à la zone dense, où elle diminue.

Le temps passé à bord de son véhicule, les nuisances environnementales, la saturation des infrastructures routières ont remis peu en peu en cause la pertinence du mode individuel motorisé.

L’évolution de la société entre également en ligne de compte. Les plus de 65 ans ayant « grandi avec une voiture » en demeurent très dépendants tandis que les jeunes s’en détachent et sont même de moins en moins nombreux à passer leur permis de conduire.

Vers la reconversion de la route

Pour autant, la jeune génération de boude pas la route mais en attendent de nouveaux usages. La demande de mobilité est devenue plus exigeante et sera de plus en plus complexe. Les rythmes de vie deviennent de moins en moins réguliers et synchronisés.

Ce sont désormais les modes de vie et les territoires conjugués aux attentes des habitants qui dicteront les solutions de mobilité de demain.

Quels seront le support et le mode privilégiés de cette nouvelle mobilité ? Le réseau viaire, dense et irriguant finement l’ensemble du territoire francilien, est le support pour accueillir le ou les modes de déplacement d’avenir.

Cela nécessitera évidemment à court terme une réhabilitation et une adaptation du dit réseau. Parallèlement à la réhabilitation de la route, de nombreux constructeurs, associés à des entreprises ou à des start-ups, ont engagé des recherches sur de nouvelles générations de véhicules, ayant compris que la voiture, sous une forme évolutive, serait toujours plébiscitée.

Au fur et à mesure des retours d’expérience, ces véhicules se perfectionnent et leur déploiement à grande échelle, d’ici quelques années, est une quasi certitude.

Aujourd’hui, le taux d’occupation moyens des véhicules est de 1,2 personne. On comprend dès alors assez facilement d’où vient la saturation du réseau.

Faisons le pari qu’à la faveur du développement du covoiturage, motivé par l’accès à des voies dédiées ou par d’autres mesures incitatives, le taux d’occupation moyen des véhicules augmentera, libérant de la capacité sur le réseau routier.

Quel rôle pour les acteurs publics ?

L’écart de temporalité entre l’action publique et l’intervention privée explique en partie le timide investissement des collectivités dans l’innovation en matière de mobilité.

Leur rôle de régulateur, d’organisateur et de décideur est capital pour l’organisation de nos déplacements.

La Région Ile de France et Ile de France Mobilités, conscients du processus engagé et des enjeux de mobilité pour la collectivité francilienne ont décidé d’encourager l’innovation et de soutenir des expérimentations portant notamment sur les navettes autonomes.

A moyen terme, la transformation des véhicules autonomes individuels en transports en commun semble être le seul modèle viable et économiquement compétitif comparé à la voiture, pour assurer des liaisons « collectives » de faible flux. Les actions combinées des véhicules de nouvelle génération et des infrastructures innovantes, intelligentes et connectées en interaction directe et permanente avec de l’offre et de la demande grâce à la modularité du système.

Dès lors, le véhicule autonome n’est plus réservé aux petits flux mais se positionne clairement en tant qu’alternative aux transports en commun. Le changement est déjà amorcé et les décisions sont à prendre dès maintenant.

A l’heure des choix, le rôle des pouvoirs publics est déterminant et stratégique car outre la mobilité de demain, ces choix impacteront l’économie, nos modes de vie et notre rapport à l’espace et au temps. 
Se profilent déjà de nombreuses questions d’éthique et de révision de notre cadre législatif. Mais dans le même temps, la période qui s’ouvre s’annonce excitante et passionnante…

 

 

 

 

pas de commentaires

Laisser un commentaire