Billet d'humeur Région Transports

Gratuité des transports parisiens : soyons honnêtes et lucides !

Tramway_Paris_T3_et_Transilien

Le fantasme de la gratuité s’immisce dans tous les domaines… Parfois les garderies, parfois les cantines, l’accès aux soins… et maintenant, comme cela fût déjà avancé depuis plusieurs années : la gratuité des transports (fussent-ils « seulement » parisiens). Qu’il s’agisse de favoriser l’accès aux services publics pour les populations les plus précaires cela s’entend, mais généraliser une gratuité par seul souci de démagogie ou par stratégie électoraliste (ce qui serait le seul prétexte possible à cette ineptie…) constitue une divagation sans fondement.

Alors je m’interroge : parce qu’ils sont publics les transports devraient être gratuits ? Et parce qu’ils sont publics, bien sûr ils doivent être irréprochables, en termes de ponctualité, de maintenance..?

Comment la Maire de Paris peut-elle réclamer la gratuité des transports Parisiens sans prendre en considération l’ensemble des enjeux liés à cette question ?

Dans un pays endetté à hauteur de 2 200 milliards d’euros, et dont le besoin en régénération de la SNCF et de la RATP en Ile-de-France avoisine les 1,5 milliard par an, à savoir que ce même montant est celui nécessaire chaque année aux travaux de lignes nouvelles hors Grand Paris Express (Eole, prolongations de lignes de métros, création de Tram, le 12 ici en Essonne…) ; comment mobiliser et consolider ces sommes dans la durée ?

Si Mme Hidalgo toutefois dispose de la solution qui permettrait de se passer de 3,6 milliards de recettes permettant en partie de financer, outre le fonctionnement quotidien, tous ces investissements, alors dans ce cas, nous pourrons reconsidérer la question…

Régulièrement, ce serpent de mer de la gratuité revient, de même que le coût réputé à tort trop élevé du Pass Navigo, dont je rappelle tout de même qu’il est de très loin l’un des abonnements de transports les moins chers de toutes les grandes métropoles du monde. Soyons réalistes.

Soyons réalistes et non individualistes… Si j’en crois le raisonnement de Mme Hidalgo, il y a deux types d’utilisateurs, les Parisiens et les autres, c’est à dire ceux qui ne paieraient pas et ceux qui paieraient pour les autres.

Franchement, peut-on sincèrement imaginer, comme sur d’autres sujets, que cette question ne pourrait se poser que dans les limites du périphérique sans soulever la moindre colère, légitimement accentuée par un sentiment de relégation profondément ancré ?

Je laisse les apprentis sorciers, je n’ose dire les démagogues, expliquer que ceux qui ont un métro tous les 200m ne paieraient pas a contrario des « banlieusards », souvent moins fortunés, qui se cognent des conditions et des durées de transports que le manque d’investissements durant 3 décennies rend encore bien lointain malgré des efforts historiques en terme d’investissements de la Région et d’Ile de France Mobilités.
Bref, vous l’aurez compris, la gratuité je suis définitivement contre et j’en appelle à davantage d’honnêteté, de lucidité. Dans la vie rien n’est gratuit…