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Grand Stade : plus qu’une décision contestée, c’est la méthode qui gêne

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Passés le tumulte et l’émotion suscités par l’annonce de Bernard Laporte, nouveau président de la FFR de renoncer à la construction du Grand Stade en Essonne, j’ai souhaité, de façon dépassionnée, revenir sur les enjeux d’un projet auquel, pour ma part, je n’ai pas encore renoncé.

Le choc était réel, le choc était soudain, à plusieurs égards. Mais la démocratie est ainsi, elle consacre par la voix des urnes des hommes et des femmes choisis –notamment- sur leur programme. Plus que l’élection de Bernard Laporte à la présidence de la FFR, qu’il convient de féliciter pour sa large victoire, le premier choc, réel, a été de ne pas voir Pierre Camou, un ami de longue date, reconduit dans ses fonctions.

Mes premières pensées lui ont été destinées, évidemment pour le Président qu’il était, sincèrement pour l’ami qu’il demeure. Il en va de même pour Serge Blanco, très investi depuis tant d’années au service du rugby français.

Le second choc, soudain, est venu de l’annonce pour le moins « précipitée » du nouveau président de la Fédération de mettre un terme au projet de Grand Stade en Essonne.

Bernard Laporte, confortablement élu, est connu pour sa détermination, il est donc tout à son honneur de respecter les engagements pris pendant sa campagne.

Au delà des arguments qui sont les siens, au delà de sa vision du sport et de ses valeurs, la décision contestée du président pourrait ne pas être contestable puisque relevant de la légitimité de son mandat. En revanche, la méthode, brutale, sans concertation, sans échange préalable avec les élus qui accompagnent un projet fédéral depuis plus de cinq ans est, elle, franchement contestable.

Nous nous sommes portés candidats conscients des qualités du territoire. Confiants en nos atouts nous avons concouru et avons remporté la sélection, fidèles à notre histoire avec le rugby.

Ce lien qui nous lie au rugby n’est pas qu’un argument voué à sauver ce qui pourrait encore l’être au nom d’une prétendue histoire commune. Ce lien est tangible. Je me souviens d’une époque où, aux côtés de Nicolas Dupont-Aignan, je participais au premier tour de la candidature essonnienne pour l’accueil de la fédération qui n’alla finalement pas à Yerres mais à Marcoussis. C’est dire si l’histoire est ancienne !

Au delà des couleurs politiques qui sont les nôtres, nous sommes les élus d’un territoire pour lequel nous nous sommes collectivement saisis d’une formidable opportunité de développement. Nous avons proposé d’accompagner la FFR en offrant à son projet de stade un site aux dimensions et à l’emprise foncière disponible inégalée en Ile de France.

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Notre candidature ne relevait évidemment pas de l’altruisme, nous entendions développer, pour nos habitants, un territoire plus attractif, un vivier d’emplois, un générateur d’activités variées. La population interrogée en 2013 et 2014 lors d’un débat public national avait fait part de sa mobilisation et de son engouement. Cela se respecte.

Ce stade représentait pour nous un levier extraordinaire, l’opportunité d’accélérer le maillage de nos transports, d’en améliorer la qualité et de réduire le temps de trajet entre le domicile et les lieux de travail.

Ces études d’accessibilité ont été engagées, portées financièrement par les villes de Ris-Orangis et de Bondoufle, par l’agglomération Grand Paris Sud, par le Département, la Région et l’Etat. Ces études se poursuivront et seront menées à terme car nous demeurons, plus que jamais, à l’affût de tous les projets porteurs de sens et de cohérence pour notre territoire. Nous ne manquerons pas d’étudier les propositions qui nous parviennent déjà et émaneront demain d’autres fédérations, d’autres partenaires, qu’ils soient privés ou publics.

Mais quelque chose me dit que, la précipitation, n’étant pas bonne conseillère, qu’avec Bernard Laporte, la discussion va se rouvrir et que, même avec un autre projet, notre histoire commune reste à écrire.

D’ailleurs, il y a quelques mois, nous avions connu un espoir, un soulagement lorsque Bernard Laporte, commentant une rencontre de la Coupe du monde de rugby vantait la chance des Gallois de disposer du superbe stade Millenium de Cardiff. Stade qui appartient à la fédération Galloise de rugby… cqfd.

En effet, organiser des rencontres sportives internationales, à plus forte raison une Coupe du monde -lorsque l’on a face à soi deux candidats, l’Irlande et l’Afrique du Sud largement équipés en infrastructures sportives de grandes jauges- se mérite et justifie la nécessité de se doter des infrastructures sportives adéquates.

Dans un sondage publié ce lundi 19 décembre par Midi-Olympique, 74% des Français se disent favorables à l’organisation de la Coupe du monde de rugby en France en 2023.

Sans infrastructure susceptible d’accueillir cette compétition, le projet de Coupe du monde est lui aussi sévèrement menacé d’un coup d’arrêt. Le territoire francilien ne serait plus le seul déçu.

Car cette fois, ce serait l’espoir de toute une nation, la fierté de tout un peuple qui s’en trouverait blessée. Alors, pour les dirigeants de la Fédération, le choc serait réel, mais il ne pourrait plus être qualifié de soudain.

  • Emmanuel Scuto
    19 décembre 2016 at 21 h 20 min

    Bonsoir Stephane
    Désolé mais, de nouveau sur ce sujet, je suis moins optimiste que toi. Les infrastructures, nous les avons avec le Stade de France dont le taux d’occupation est plutôt faible.
    Et le complexe Maurois de Lille ne semble pas être une réussite non plus.

    Nous avons déjà organisé une Coupe du Monde en 2007 et de mémoire, c’était un succès.

    comprends ta motivation à défendre notre territoire et son développement économique mais les coûts associés à ce projet me paraissent disproportionnés par rapport aux gains attendus.
    Amicalement